Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs d'un Français expatrié puis revenu des Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de mon combat contre la leucémie, les séquelles de la greffe de moelle osseuse et le cancer secondaire apparu en Janvier 2024...

mardi 14 septembre 2010

Ignite Seattle

Ce soir, blog en direct: nous sommes au 11ème Ignite Seattle, un peu en avance de façon à avoir des places assises. Je profite du wifi de la salle pour vous écrire ce post, puisqu'en ce moment je n'ai pas le droit de boire d'alcool (en temps normal, je serais au bar, bande de petits malins).

Ignite, c'est quoi?

Si vous connaissez le principe des conférences TED, c'est un peu similaire: il s'agit d'une soirée où des gens viennent faire des présentations devant une audience, avec un format spécifique. Les sujets sont divers et variés, avec une prédominance de sujets liés à la culture geek/internet/startups puisque historiquement ces soirées émanent de cet écosystème, mais pas seulement. Ce soir par exemple, quelqu'un va venir nous expliquer comment il a vendu tout ce qu'il possédait pour parcourir le monde pendant un an.


Le mot d'ordre d'Ignite est "Enlighten Us, but make us quick". Le format est simple: 5 minutes, 20 slides, 15 secondes par slide. Ca va vite, très vite, et c'est donc très souvent hilarant... Et quand c'est chiant, au pire, c'est chiant pour seulement 5 minutes.

Je vous entend penser: c'est encore un format d'américains pressés, culture fast-food de consommation de masse, etc... Et pour une fois je ne serais pas d'accord avec vous.

Ce format a un réel intérêt, c'est une sorte d'épuration à l’extrême de l'art de la présentation, un exercice de style... Et d'ailleurs certaines prestations sont fabuleuses d'inventivité. C'est un peu comme une série comme "Kaamelott": c'est un genre à part entière avec ses codes, et ses manières de les dépasser ou de les transgresser. Certains épisodes se distinguent par la qualité de l'histoire, certains par leur capacité à dépasser les limites du genre. Les présentations Ignite, c'est pareil: certaines se distinguent par leur contenu hyper intéressant, certaines par la prestation scénique du ou des orateurs (nous avons eu une fois un espèce de happening avec 3 personnes sur scènes en même temps qui s’engueulent, se contredisent, se tapent dessus, en rythme avec les slides qui continuent à défiler inexorablement)...

Bref c'est une expérience à part entière qui a lieu environ tous les trimestres. Jusqu'à présent, nous en avons raté un seul, par accident.

Il y a maintenant des Ignite un peu partout dans le monde, notamment à Paris. Je ne peux que vous inviter à rechercher sur google pour voir s'il y a un Ignite près de chez vous, et d'aller faire un tour...


samedi 11 septembre 2010

Résistance politique

Je ne sais pas si l'on en a parlé en France: récemment un pasteur Américain a décidé de brûler 200 Corans pour le 11 septembre. Face au tollé mondial et à un coup de fil du secrétaire d'Etat lui demandant d'arrêter ses conneries, le monsieur à finalement fait marche arrière.

Précisons que bien évidement, malgré le fait qu'il aie plusieur centaines de Corans sous la main, ce charmant monsieur (un gentil euphémisme pour dire "bon gros connard qui ne devrait pas avoir le droit de se reproduire") n'en a lu aucun. De toute façon, je suspecte forcément que la dernière Bible qu'il ai lu était une version en bandes dessinées...

Au delà du fait que je suis toujours effaré par le potentiel de nuisance que peuvent avoir les imbéciles profond, cela m'a rappelé que je voulais vous parler de ma méthode de résistance politique.

Il se trouve que je suis tombé récemment à ma bibliothèque préférée sur un bouquin de de propagande ultra républicain (à tendance lobotomie, comme le pasteur). Toujours curieux, je l'ai emprunté et pour vous donner une idée de la puanteur du contenu je vous cite la quatrième de couverture:

"We stand at the crossroads of ideals and policies: freedom vs socialism, sovereignty versus international subversience, economic liberty vs debt slavery, quality medical care vs governement-sponsored euthanasia..."

Bref de la bonne merde en barre.

Il se trouve que je suis contre le fait de brûler des livres, comme toute personne livrée avec un cerveau à la naissance. En revanche, je peux tout à fait réemprunter ce livre à répétition afin que personne ne puisse le lire avant les élections de Novembre.

Aussitôt dit, aussitôt fait: je fais de la résistance en enrayant la propagation d'idées de merde.


mercredi 8 septembre 2010

Le "Good Hotel", San Francisco

Pour commencer la série de posts sur notre voyage à San Francisco, je vais vous parler de l'hôtel où nous avons résidé. Drôle d'idée peut-être, mais nous avons été séduits par un certain nombre de choses.

Le prix tout d'abord. Je ne peux pas vous dire exactement combien nous avons payé car nous avions un pack avion+hôtel, mais c'est dans une fourchette de 100 à 140 dollars... Relativement peu donc, moins que le prix de chaînes sans charme comme "Best Western". En revanche, le petit dèj au restaurant de l'hôtel est hors de prix, nous avons trouvé mieux pour moitié moins cher à quelques blocs de l'hôtel.

L'hôtel est bien situé, à la jonction de la 7ème et Mission St, à une dizaine de minutes à pied de Union Square et juste à coté de lignes de bus et de train qui vous emmènerons à peu près partout dans et autour de San Francisco. De plus l'hôtel est à moins de 20 minutes de l'aéroport, ce qui ne gâche rien.

Le quartier est en revanche assez... Particulier. A un bloc de là, le croisement de la 6ème et Mission est apparemment le point de chute de tous les clochards/marginaux de la ville: en journée c'est plutôt calme, le soir c'est... vivant. Nous n'avons eu absolument aucun problème, par contre nous avons assisté à quelques scènes pour le moins étranges. Bref, il ne faut pas que cela vous retienne d'aller au Good Hotel, mais il faut quand même mieux le savoir.

Bon: prix mini, emplacement idéal, c'est à peine suffisant pour faire un post. Qu'est ce qui rend cet hôtel particulier?

C'est simple: son concept. Le Good Hotel, je cite, veut être "le premier hôtel avec une conscience".

L'ensemble de la déco, moderne et colorée, est réalisée avec des matériaux recyclés; comme par exemple ces lits que j'adore.

un lit en matériaux recyclés au Good Hotel e San Francisco

L'ensemble de la politique de l'hôtel est de chasser le gaspillage: toutes les lampes sont évidement à économie d'énergie, les serviettes et les draps ne sont changés que si l'on le souhaite (en les mettant dans la douche), au lieu de petits savons la douche et le lavabo sont équipés de dispenseurs qui évitent de gâcher du savon. Même les toilettes sont pensés écolo avec un système plutôt malin permettant de se laver les mains sans gâcher d'eau.

Un toilette écolo au Good Hotel de San Francisco

L’hôtel dispose aussi de plusieurs vélos que l'on peut emprunter et participe à plusieurs projets philanthropiques comme le projet OLPC (un modèle est d'ailleurs disponible).

Un OLPC au Good Hotel de San Francisco

Bref, nous sommes séduits par l'hôtel et sa démarche.

Vous pouvez retrouver plus de photos sur le site du Good Hotel et sur notre page Facebook.




vendredi 3 septembre 2010

Le vol pour San Francisco

En entrant dans l'avion pour San Francisco, le petit geek qui someille en moi se réveille brusquement: un logo “Wifi On Board” est peint sur la carlingue de l'appareil. Je me frotte les yeux, pas complètement sur d'avoir bien lu.

Wifi. On. Board. Non seulement mon inner geek est bien réveillé, mais il est en plein orgasme et un frisson de plaisir lui parcours l'échine pendant qu'il déroule les possibilités: Wifi, Internet, blog. Ecrire un article avec des photos du vol et le poster pendant le vol. A 10.000 mètres d'altitude. En sirotant un jus de tomate à 6$ l'unité et en contemplant l'idée d'acheter un hamburger micro-ondé à 10$.

Le pied d'enfer! Les vacances commencent bien.

vue depuis l'avion qui nous emène à San Francisco

Je n'en peux plus d'attendre que l'avion décolle, que je puisse ouvrir les hostilités. Les hotesses mettent des heures à nous (ré-)expliquer les procédures de sécurité; cela serait beaucoup plus intéressant si elles pouvaient me confirmer que je vais pouvoir jouer en ligne sans latence. On n'en fini pas d'accélérer et d'atteindre notre attitude de croisière. Je suis comme un gamin à Noël: donnez moi mon cadeau ou je fais le raisin sec (cf. Astérix en Corse).

Enfin! "We are now allowed to used electronical devices", dixit l'hotesse. Je dégaine mon portable, le logo d'Ubuntu s'affiche, je me log en me félicitant de bien avoir optimisé la vitesse de boot de l'engin, je me connecte au réseau, lance Chromium et …

10$ pour se connecter pour la durée du vol?

Mais putain c'est quoi cette arnaque? Tout ça pour une connexion qui va être pourrie avec un lag pas possible? Vous vous foutez de moi ou quoi? Me faire ça, à moi, le jour de mon anniversaire en plus? Mais ça devrait être gratuit pour les gens dont c'est l'anniversaire, bordel! Et le champagne, il est où?

vue par le hublot de notre vol vers San Francisco

Finalement, c'est con ce wifi en vol de toute façon. Qui a besoin de ça? On est en vacances là, on va pas non plus se connecter sur facebook où des collègues vont pouvoir nous contacter et nous poser des questions, faut pas déconner. Faut arreter un peu avec cette technologie qui nous envahi partout, bientôt il y aura des iPads dans les cabinets des vols internationaux.

Faut avouer... Ca serait énorme quand même. Non?


mercredi 1 septembre 2010

Plaques d'immatriculation américaines, la suite

Allez un petit post rapide avant de partir à San Francisco (oui oui j'ai hâte!).

Je vous avais déjà montré une photo d'une plaque d'immatriculation américaine custom en avril dernier. Depuis j'en ai croisé un certain nombre d'autres dont certaines assez poilantes.

Les deux premières je crois que c'était sur le parking de mon boulot. On devine assez bien dans quel secteur je travaille, non?

une plaque d'immatriculation américaine

une plaque d'immatriculation américaine

Une qui annonce la couleur:

une plaque d'immatriculation américaine

La dernière est moins drôle mais bon ça me fait toujours sourire ces plaques:

une plaque d'immatriculation américaine



lundi 30 août 2010

Petites vacances à San Francisco

Nous allons profiter du Labor Day week-end pour se concocter 5 jours de vacances sans trop taper dans nos jours de congés (deux semaines de congés, c'est dur à gérer quand on a déjà prévu de passer deux semaines et demie en France pour Noël...).

Du coup nous partons pas trop loin: San Francisco; qui est au passage l'une des villes des U.S que j'ai le plus envie de visiter.

J'ai encore du mal à réaliser qu'on va pouvoir débrayer 5 jours. Les vacances, c'est un peu devenu un concept, d'autant que nos retours de 2 semaines et demi à Noël, c'est plus éreintant qu'autre chose.

Bref, pour les expats San Franciscains qui nous lisent, si vous avez écrit des posts avec des listes de trucs à faire c'est le moment de faire votre pub dans les commentaires :). Et si vous avez des bonnes ressources n'hésitez pas à partager (nous serons à l'hotêl près de l'Asian Museum).

Merci d'avance!


dimanche 29 août 2010

La bibliothèque à Seattle

Je vous ai déja parlé de la bibliothèque Centrale de Seattle, ce batiment complètement hallucinant conçu par Rem Koolhaas (qui vaut la visite si vous êtes de passage dans la ville, soit dit en passant), en revanche je ne vous ai jamais parlé de la bibliothèque en elle même et de son organisation; oubli qu'un petit miracle qui m'est arrivé en me promenant dans ses rayons m'oblige à réparer de ce pas.

Les bibliothèques et moi, il faut le savoir, c'est une histoire d'amour. Je peux passer des heures perdu dans les rayons, je repars avec des tonnes de bouquins sous le bras et j'y retourne la semaine suivante pour renouveler mon stock. Déjà en France, j'étais sacrément accro, cumulant deux cartes de deux villes différentes pour pouvoir emprunter suffisamment.

C'était d'ailleurs un truc qui me faisait peur en partant de France: voyant globalement les U.S comme un pays illettré (il faut dire qu'il y a des stats un peu atterrantes, du genre un américain sur deux ne lis pas plus de 10 bouquins dans sa vie; perso je lis ça en une semaine quand je suis en vacances ou peu s'en faut), je pensais que j'allais devoir me sevrer violemment.

Que nenni, ma bonne dame. La bibliothèque de Seattle est la bibliothèque la plus hallucinante qu'il m'est été donné de fréquenter, à tel point que si vous me demandiez là tout de suite ce qui me manquera le plus en partant de Seattle, je vous répondrais sans hésiter: "la Seattle Public Library".

Rendez-vous compte:

On peut emprunter 50 documents à la fois, sans restriction de format. C'est vous qui voyez: vous pouvez prendre 50 bandes dessinées, 50 romans, 30 DVD et 20 magazines, vous vous démerdez.

Oui, 50. L'année dernière, c'était 100 mais il y a eu des coupures dans le budget.

Vous allez me dire, 50 c'est énorme! Ca sert à rien! Et vous auriez on ne peut plus tort. En ce moment, j'ai 35 documents empruntés et je vais tous les lire/visionner sans exception. Par exemple j'ai 3 manuels de chinois qui trainent. Une dizaine de comics que je vais finir en quelques jours. 2 DVD. 3 romans. 2 livres sur les chats, un bouquin sur l'escalade et un sur le fromage. Tout va y passer à un moment ou à un autre.

Le plus beau dans tout ça, c'est qu'il y a une bibliothèque dans chaque quartier majeur de Seattle, soit une vingtaine en tout, et qu'elles sont toutes reliées. Si l'une n'a pas un bouquin, il suffit d'aller en ligne, de commander le livre et il est livré dans la boutique (pardon, dans la bibliothèque) de votre choix dès qu'il est disponible.  Et le catalogue est proprement MON-STRU-EUX. Pour vous donner une idée, j'ai une file d'attente d'environ 30 volumes quasiment en permanence.

Et le miracle me direz-vous?

Ce matin, je suis tombé sur 3 Asterix & Obelix. Et pas n'importe lesquels: mes préférés! Après un an à m'enfiler des comics à répétitions, j'en aurais versé une larme. Non pas que je n'aime pas les comics, mais bon c'est un peu comme manger un pain au chocolat après un an de donuts: ça vous tire une petite larme si vous êtes un français normalement constitué.

Le plus beau, dans toute cette histoire, vous savez ce que c'est?

La bibliothèque est littéralement de l'autre coté de notre rue, et je peux voir quand elle ouvre parce que je vois qu'ils allument les lumières depuis mon appartement. Elle est pas belle la vie?


jeudi 26 août 2010

Métaphore culinaire

Vu ce soir à la TV en regardant "MasterChef" (la version US avec mon idole Gordon Ramsay, pas la version française que je n'ai pas vu):

"This is Electric Chair Food. If I was going to the Chair, that's what I would order".

Phrase prononcée par un vieux trucker en train de manger un burger concocté par les apprentis chefs de l'émission pour l'un de leurs challenges.

Le plus drôle dans cet épisode (ou deux équipes d'apprenti chefs s'affrontent en servant des burgers à 100 truckers qui votent ensuite pour leur préféré) c'est le fabuleux retournement de situation au milieu du challenge.

L'une des équipes, en train de perdre, a une idée de génie: tremper les pains dans la graisse avant de les passer au grill et servir double dose de tous les ingrédients: double patty, double cheese, double bacon... Immédiatement, les votes en leur faveur pleuvent, alors que leur burger est clairement inférieur. Ils en sont bien conscients d'ailleurs, et j'applaudis d'ailleurs leur esprit d'adaptation: bien cuisiner c'est aussi s'adapter au public.

L'amérique bien cliché comme on l'aime... (?)


mercredi 11 août 2010

Updated: Où (ne pas) manger à Seattle? A burger place, University District

Update: J'ai été malade à répétions depuis que j'ai mangé dans ce restaurant. A leur décharge, il semblerait que cela n'ai rien à voir avec la qualité de leur nourriture. Cela n'empêche que je n'y retournerais probablement pas.


Après le restaurant Poppy's de Capitol Hill, j'avais prévu de vous parler d'un petit fast-food dans notre quartier, histoire de changer complètement d'univers et de passer du fine dining au fast-food.

Vous vous en doutez surement, les burgers sont relativement incontournables quand on cherche à manger quelque chose rapidement en ville. En revanche, ce qui est moins évident pour nous français gavés de MacDo c'est que lorsque l'on sort des chaines de fast-food, on trouve des "Burgers" (le mot désigne à la fois le sandwich, le steak haché et l'endroit où on l'achète) tout à fait décents, voir excellents.

J'avais prévu de vous parler en bien d'un petit fast-food de U-District: "A burger place", situé sur l'University Way & 45th. Ce restaurant se distingue des autres par son service hyper rapide, ses burgers de qualité confectionnés avec des ingrédients apparement de première fraicheur, sa cuisine impeccable de propreté et son système original: pas de menu, on compose soi-même son burger en cochant des ingrédients sur une petite fiche.

J'allais donc vous en parler en bien, mais en fait non.

Le week-end dernier nous avons fait une longue boucle dans le quartier pour faire nos courses habituelles (errands, il y a un mot équivalent en français?) et nous nous y sommes donc arreté chez "A burger place", le restaurant étant juste à coté de la Poste.

Une demi-heure plus tard, nous sommes chez le cordonnier, et je commence à suer à grosse gouttes. Le temps de payer, je suis en nage. Nous mettons les voiles direction la maison. Tout commence à tourner, j'ai l'impression que je vais tomber dans les vapes, mission arriver à l'appartement que je puisse m'écrouler. In extremis, nous arrivons chez nous et je dégueule copieusement et en plusieurs actes l'intégralité de mon déjeuner.

Bref, je déconseille, et Yelp semble me donner raison, il y a d'autres critiques parlant de cafards et d'intoxication alimentaire.

C'est assez étonnant d'ailleurs car en un an nous avons mangé dans un certain nombre de boui-bouis que j'aurais juré plus que douteux sans aucun problème, alors que vu de l'extérieur "A burger place" semble extremement bien tenu. Alors, peut-être que c'est un coup de malchance surtout que j'étais malade deux semaines avant, mais dans le doute, évitez.

Testez plutôt Dick's, et dites moi si je dois prendre le risque... Moi, les conneries, j'arrête :>



jeudi 5 août 2010

Le mariage gay constitutionnel en Californie

J'avoue honteusement: avant cette expérience d'expatriation, j'étais assez peu sensibilisé sur le mariage homosexuel. Non pas que je sois contre, bien au contraire: je trouve cela tellement normal que je m'attendais à ce que ça arrive tout seul un jour.

Et puis comme je ne me voyais pas marié et que je ne comprenais pas trop l'utilité du mariage en général, je percutais assez peu tout le toutim qu'il pouvait y avoir autour de la question. Je dois même avouer avec une certaine honte à mes amis homosexuels qu'en fait j'en avais un peu rien à secouer. A ma décharge, comprenez bien que j'en avais aussi rien à secouer du mariage hétérosexuel.

Pour moi, le mariage c'était une relique du passé largement dispensable à notre époque; dans un couple, seul l'amour comptait et je m'en foutais un peu du statut légal. Cela n'a jamais défini une relation.

Il se trouve que j'ai découvert que quand tu n'es pas marié et que tu essaie des trucs un peu funky comme aller vivre à l'étranger et bien dans certains cas, c'est carrément impossible.

Dans notre cas par exemple, sans mariage je restais en France indéfiniment. Et là tu penses à tes amis homos et au fait que dans la même situation le dilemme serait cornélien, et tu prend conscience que c'est important.

Et d'autre part, cela représente aussi quand même dans l'inconscient collectif (et dans le mien même si je m'en défendais) une certaine 'promesse' faite entre deux personnes, la définition d'une famille entre autres, et je ne vois pas pourquoi on interdirait aux gays de se faire la même promesse et de fonder une famille.

Bref, il y a un an, la nouvelle me serait passé au dessus de la tête mais aujourd'hui, je la trouve capitale.

Hier, la Californie a jugée inconstitutionnelle l'interdiction faite aux homos de se marier. Au niveau fédéral, cela ne change rien, mais la Californie étant l'état le plus peuplé et le plus influent de l'union, c'est un pas en avant historique. J'applaudi des deux mains.

Quelques liens:
- La nouvelle en français sur rue89: le mariage gay constitutionnel: premières réactions en Californie
- Sur le site du NYT
- Et une réaction d'une jeune fille sur Youtube que je trouve très émouvante: La proposition 8 est inconstitutionelle en Californie.



Search Results


Free Blogger Templates by Isnaini Dot Com and Architecture. Heavily modified beyond all recognition by Lo�c. Social icons by plugolabs.com .Powered by Blogger