Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs d'un Français expatrié puis revenu des Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de mon combat contre la leucémie, les séquelles de la greffe de moelle osseuse et le cancer secondaire apparu en Janvier 2024...

Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écologie. Afficher tous les articles

mardi 25 septembre 2018

Parlons écologie, ou plutôt parlons de l'apocalypse qui nous attend

Je voulais vous parler un peu d'écologie.

Je vous entend déjà penser. Il va nous soûler avec un discours hippie, nous parler des abeilles et des bienfaits du jus d'herbe. Et bien non. Je vais vous parler du fait qu'on va tous crever.

Bon c'est un fait, on va tous crever, à plus ou moins long terme. Mais ce n'est pas de nos morts individuelles dont je veux vous parler, c'est de notre extinction.

Je suis fermement convaincu que l'humanité est en train de se diriger, à court terme, vers son extinction. Enfin, ce n'est pas tout à fait exact, je suis sur que l'humanité survivra, mais dans des conditions tellement terribles que l'on pourra assimiler cela à une extinction. En tout cas, cela sera la fin de notre civilisation.

Vous me voyez venir, je vais vous parler de réchauffement climatique. On sait que la planète se réchauffe, c'est un fait, tous les gens qui étudient le sujet sont d'accord. Je n'aime pas dire les scientifiques, cela fait un peu comme si c'était un groupe de gens fermé et élitiste alors que tout un chacun peut constater ce réchauffement, il suffit de vivre à la montagne pres de grands glaciers pour s'en convaincre. Vous parlez à n'importe quel éleveur de chèvres des Alpes (L'amour est dans le pré represent!), il vous expliquera que la planète se réchauffe.

Tout le monde est d'accord, le seul point qui fait encore débat, c'est la vitesse de ce réchauffement et de savoir si on va crever dans 50, 100 ou 200 ans.

Quelles sont les conséquences de ce réchauffement?

A court terme, plus d’événements climatiques intenses, qui vont avoir des répercussions économiques et humaines importantes. On voit déjà que c'est le cas, avec les successions de canicules, les tornades qui dévastent en ce moment les états-unis (en ce moment même des troupeaux entiers de bétail sont noyés et des lagons de manure sont inondés et se déversent dans les sources d'eau potable). Le tableau est déjà noir, d'autant que souvent, pour lutter contre ces conditions climatiques extremes, on pollue encore plus, il n'y a qu'a voir qu'on consomme maintenant plus d'électricité en été pour se refroidir qu'en hiver pour se réchauffer.

A moyen terme, des bouleversements drastiques de notre civilisation. Problèmes d'approvisionnement en nourriture et en énergie. Montée des eaux, inondations, exode et immigration climatique de masse, avec pour conséquence un retour de la guerre dans nos contrées occidentales. Quand on voit que les gens parlent d'insécurité alors que nos rues sont plus sures qu'elles ne l'ont jamais été, je crois que cela va être un choc pour beaucoup de gens. Evidemment, vous imaginez bien que je dis ça ironiquement.

A long terme, une planète largement invivable pour l'être humain et quantité d'espèces animales, à part dans des zones réduites du globe, et donc un effondrement global de notre civilisation. Je ne plaisante pas, on commence à parler du fait que certaines zones du globe seront tellement chaudes que notre chair cuira comme dans un four. Que la vie sera tout bonnement impossible. On est déjà à la limite: dans certaines zones tropicales, quand la température avoisine 50C et que l'humidité est maximum, les hommes ne peuvent plus dissiper leur chaleur interne.

Je précise que pour moi (enfin, pour les moyennement pessimistes quoi, certains sont pire que moi) le court terme, c'est 20 ans, le moyen terme 50, et le long terme 100 ans. Cela veut dire que nos enfants connaîtront avec certitude les horreurs dont je parle.

De plus, le réchauffement climatique n'est pas la seule menace à laquelle nous faisons face. La disparition des insectes pollinisateurs, la vulnérabilité de nos sources d'approvisionnement en nourriture face aux maladies, la pollution massive de nos terres, de notre air, et de nos sources d'eau potable, la pollution des mers par les plastiques... On a quantité de problèmes tous dramatiques qui risquent de nous rendre la vie un tantinet compliquée dans un proche avenir.

Bref, c'est la merde. Je crois que tout le monde commence à s'en rendre compte, pourtant on ne fait pas encore grand chose. Et bien voilà, on va parler un peu de cela dans les prochaines semaines. Des problèmes auquel nous avons à faire face, et des solutions que l'on peut envisager, parce que cela ne sert à rien de se faire peur pour se faire peur. Mais je veux déjà commencer à poser le décor: pour moi il est noir, très noir, et si vous pensez encore que tout va bien se passer, et bien lisez quelques articles parlant du réchauffement climatique et revenez me voir. Je ne crois pas qu'il soit possible d'être informé et optimiste en même temps.

Je vous laisse sur une vidéo qu'il faut absolument avoir vu sur le sujet tellement l'orateur est bon, intelligent, clair, passionnant et effrayant tout à la fois.



A bientôt!




vendredi 8 septembre 2017

Aurore Bergé, cyclisme à Paris et foutage de tronche.

Allez un petit post pour continuer sur le thème d'hier, qui est, pour ceux qui n'ont pas suivi, le réchauffement climatique et mon inquiétude que si l'on ne fait pas de l'environnement notre priorité numéro 1 l'humanité est condamnée à l'horizon 2100.

Tout d'abord, un lien vers l'article parlant de cette extinction future. C'est un peu long, c'est en anglais, et surtout, c'est hyper anxiogène, mais cela vaut le coup de le lire. "Quand le changement climatique rendra la Terre trop chaude pour les humain".

Un lien wikipedia sur Seveneves pour vous donner envie de le lire.

Et sinon, le truc qui m'a énervé ce matin, cette vidéo d'Aurore Bergé (député Républicains je crois, à vérifier). En gros, la nana filme une piste cyclable vide, en critiquant la politique d'Anne Hidalgo disant que voilà, c'est débile, on a pris de la place pour faire des pistes cyclables que personne n'utilise... Sauf que la piste en question vient d'être construite et qu'elle n'est pas ouverte au public. Faut vraiment être de mauvaise foi quoi.

Oui, changer nos habitudes, ça va être chiant. Mais d'une part, on va y gagner en qualité de vie (plus de sport, meilleure forme, meilleure santé, air plus pur, moins de bruit)... Mais surtout on a pas le choix. C'est ça, ou nos enfants vont tous crever. Faut vraiment s'en convaincre maintenant. Si on ne fait rien, si on ne change pas notre mode de vie, si on ne prend pas un peu sur nous, tous nos enfants vont y passer. Maintenant, c'est dans longtemps hein, on peut continuer aussi à pas se faire chier et espérer que dans 50 ans on aie plus de solutions, mais bon...





jeudi 7 septembre 2017

Extinction

Il y a quelques semaines, j'ai commencé le livre "Seveneves" de Neal Stephenson. Au même moment, j'ai lu un article sur le réchauffement climatique qui m'a fait froid dans le dos, et qui m'a fait furieusement penser à ce bouquin. Je vais vous résumer l'intrique en quelques lignes, vous allez comprendre où je veux en venir.

Le postulat de base de "Seveneves" est le suivant: un jour, dans un futur très proche, (non spécifié, mais en gros on est quelque part entre 2020 et 2030 suivant la vitesse à laquelle vous pensez que la technologie va évoluer), la lune explose en 7 énormes fragments, pour une raison inconnue, dont on se fout royalement pour le reste de l'histoire. Pour étrange que puisse être cet événement, c'est juste un Deux Ex Machina qui rend le reste de l'histoire possible, le mystère de cette explosion n'est pas le sujet.

Le sujet du livre, c'est : comment est-ce que l'humanité va faire pour survivre. Car les astronomes se rendent vite compte que ces fragments vont rentrer en collision, se fragmenter encore plus, perdre de l'énergie donc de la vitesse, pour finir par s'écraser sur la Terre, provoquant une extinction mille fois pire que celle qui a balayé les dinosaures de la face de la planète. La Terre est plus que condamnée: elle n'a plus que 2 ans à vivre avant une stérilisation totale, avant un bombardement de météorites tel qu'elle va redevenir une boule de magma primordiale.

L'humanité se sait donc condamnée à très court terme: 2 ans. Ce qui déclenche un effort collectif de toutes les nations pour permettre à la race humaine de survivre, avec une seule solution: l'espace. Le reste du bouquin raconte comment l'humanité va réussir à survivre en utilisant pour base de départ la station spatiale internationale.

Le livre est, si l'on excepte son postulat de départ, très crédible. La science colle, les idées proposées par Stephenson sont comme d'habitude à la pointe de la technologie, crédibles, voir visionnaires. Quelque part, c'est fascinant d'imaginer l'humanité  toute entière tendue vers un seul but. Sans spoiler la fin, en gros, l'humanité finit par survivre, même si c'est vraiment sur le fil. Oh et quand on parle de survie, c'est quelques personnes seulement qui survivent à la catastrophe hein, la majorité de l'humanité y passe, mais il reste juste assez de gens en vie pour redémarrer une civilisation dans l'espace. C'est un roman plutôt positif, malgré tout, croyez moi.

Bon et donc le lien avec le réchauffement climatique, me direz-vous?

Et bien parallèlement, je suis tombé sur un article d'un journal américain très sérieux, qui expliquait qu'en gros, un certain nombre de scientifiques commençaient à penser que si le réchauffement climatique continuait comme cela, d'ici 2100, certaines parties de la planète seraient inhabitables. Mais pas inhabitable au sens inconfortable parce qu'il fera un peu trop chaud, non, on parle d'inhabitable dans le sens où un être humain ne pourra pas survivre. Il fera tellement chaud dans certaines régions que combiné à l'humidité ambiante, le corps humain sera incapable d'évacuer la chaleur qu'il produit. En gros, nous cuirons de l'intérieur. Bref, les conditions seront tellement extrêmes que la vie, en tout cas la vie humaine, sera impossible. Comme si on était sur Mars sans équipement quoi.

La conclusion de l'article, sans vouloir vous flipper, c'est qu'en gros, il est très possible qu'à cause de notre mode de vie actuel, nous soyons en train de créer les conditions de notre propre extinction à l'horizon 2100. Et je ne parle pas juste de catastrophes naturelles provoquant des milliards de morts (ça, ça sera bien avant...). Je parle de l'extinction pure et simple de notre espèce. The End.

Là où cela m'a fait penser à Seveneves, c'est que malheureusement, nous sommes dans une configuration où les causes de notre extinction se jouent maintenant, mais que comme l'effet est trop distant (après tout, vu mon âge, je serait probablement cané depuis un moment), cela ne nous concerne pas directement. Cela ne concernera peut-être même pas nos enfants... Mais leurs enfants eux sont dans une sacré merde. Du coup, le gros coup de pied au fesse que se prend l'humanité dans "Seveneves", qui la force à se bouger comme un seul homme, et bien dans le monde réel, il n'arrive pas vraiment, en tout cas pas assez vite.

Car pour éviter ce scénario catastrophe, il faudrait que l'humanité dans son ensemble commence à se bouger les miches dès maintenant, et que, un peu comme dans "Seveneves", l'objectif numéro 1 de l'humanité dans son ensemble devienne de rectifier l'impact que l'homme à sur le climat. Il n'y a pas de problème plus important que celui-ci, car si l'on ne fait rien, tous nos autres problèmes se résoudront tout seuls, si vous voyez ce que je veux dire.

Pour moi il y a deux gros efforts à fournir:
 - Stopper les émissions de gaz à effet de serre
- Nettoyer l'atmosphère du carbone que l'on a rejeté

Les deux problèmes sont complexes. Stopper les émissions de gaz à effet de serre (sans polluer comme des sagouins au passage sinon cela ne sert à rien), cela veut dire:
- Changer la source d'énergie principale de nos moyens de transports
- Faire en sorte que toute notre électricité de chauffage (et de refroidissement, vu notre usage de clim) soit issue de sources renouvelables
- Diminuer de manière drastique notre consommation de viande (l'élevage étant une source incroyable de gaz à effet de serre)

D'un autre coté il faut nettoyer nos saletés. Il y a des solutions pour nettoyer l'atmosphère. Planter des arbres, déjà. Un arbre, c'est quelques tonnes de carbone piégées pour un paquet d'année. Il y a aussi des solutions technologiques qui commencent à poindre le bout de leur nez, mais bon, faut de déploiement massif, j'ai encore du mal à voir cela nous sauver la mise.

Bon, il y a des contre arguments à ce que je vous raconte là, bien sûr. Par exemple, on peut argumenter que de toute façon d'ici maximum 50 ans, on aura plus de pétrole à brûler donc le problème des émissions sera réglé d'office. Sauf que le souci, c'est que le mal sera déjà fait, car le problème c'est que les gaz à effet de serre ne sont que la mèche qui a allumé une dynamite d’événements s’enchaînant en cascade (par exemple, la fonte des calottes polaires fait que la Terre réfléchit moins l'énergie du soleil et que du coup elle se réchauffe de plus en plus vite). Ce n'est pas parce que vous arrêtez de pousser quelqu'un dans l'escalier qu'il ne va pas continuer à dégringoler. En gros non seulement on va vers une extinction globale, mais en plus on va bientôt tomber à court d'une ressource cruciale, ce qui va générer, si l'on ne fait rien, un chaos monstre qui nous empêchera de nous concentrer sur le sujet principal: nous sauver les miches. Oui, je suis un poil pessimiste.

Bref, vous l'aurez compris, j'ai un peu peur. Je crois vraiment qu'il faut qu'on se réveille et que le climat devienne notre préoccupation principale. Cela devrait être un enjeu politique de première importance. En plus, je suis persuadé que c'est une excellente source d'emploi.

Voilà, je voulais vous parler un peu de cela. Je n'ai pas vraiment de solution, ni de conclusion, je pense que la première étape, c'est déjà d'essayer de déclencher une prise de conscience planétaire du problème. J'essaie de faire ma part. Pensez aux canicules que nous venons de vivre. Voyez les tornades qui dévastent l'Amérique en ce moment (et les incendies qui ont fait pleuvoir de la centre sur Seattle il y a deux jour, un comble pour une ville censée être la capitale américaine de la pluie). Le climat est de plus en plus déréglé. Cela commence à nous affecter sérieusement, mais ce ne sont que les prémices de ce qui s'annonce. Chaque année cela va être pire. Il faut se bouger, maintenant.

jeudi 21 novembre 2013

Contre le chalutage en eaux profondes: oui, mais

Depuis quelques jours la bédé de Pénélope Bagieu contre le chalutage en eau profonde se repend sur Facebook  comme un feu de forêt, et c'est très bien. Si vous n'avez pas encore lu sa planche, je vous invite à le faire, et à signer la pétition, sans quoi vous ne comprendrez pas grand chose à cet article.

Comme beaucoup d'entre vous apparemment, j'ai été horrifié en découvrant l'inanité de cette pratique, et je me suis empressé de signer la pétition. Cependant, toute l'histoire me laissait une impression étrange, comme s'il manquait un morceau à toute cette histoire. Et puis hier soir j'ai percuté ce qui me gênait profondément.

Dans l'équation économique de Pénélope, il y a toute une démonstration mettant en lumière le fait que cette pêche opère complètement à perte, qu'elle n'est rentable que grâce aux subventions publiques. Sauf que l'on oublie un peu rapidement quelque chose: peut-être que cette industrie opère à pertes, mais si les supermarchés peuvent justifier de subventions c'est avant tout parce qu'ils arrivent à vendre leurs produits de merde à base de sous produit de poisson dont personne ne veut à quelqu'un.

En d'autre termes, certes, tout ceci ne fonctionne que grâce aux subventions publiques certes, ce qui est proprement scandaleux, mais avant tout, tout ceci ne fonctionne que parce que les gens achètent les barquettes de poisson industrielles, provenant donc du chalutage profond.

Ce qui me pose problème donc, ce n'est pas l'initiative de Pénélope, que je trouve tout à fait louable, mais bien vous, chers lecteurs, et je prend le risque de vous prendre à partie volontairement, car moi aussi cela me tient à cœur ce genre de sujet.

C'est bien joli de s'indigner et de faire du bien à sa conscience en signant cette pétition... Mais si c'est pour se précipiter le lendemain dans un Intermarché pour acheter une barquette de poisson surgelé provenant de l'industrie même que cette pétition condamne cela ne peut pas marcher.

De plus en plus, il est important de consommer consciemment. Nous vivons à une époque charnière du développement humain, et tout est encore possible: nous pouvons nous en sortir et créer des économies qui soient durables, ou nous pouvons continuer sur la tendance actuelle où nous dévorons la planète plus vite qu'elle ne se régénère. A nous, chaque jour, de faire les bons choix.

Vous allez me dire, oui, mais c'est compliqué, il faut avoir l'information, ce n'est pas clair... Je suis d'accord. Pour le poisson, c'est dur de savoir quoi consommer. Poissons sauvages? Ils sont menacés d'extinction à cause de pêche intensive. Poissons d'élevage? Dans une recherche de profit, la qualité de ces poissons est de plus en plus mauvaise: contamination aux métaux lourds, aux antibiotiques, aux pesticides...

Vous allez me dire, oui, mais cela coûte cher... Mais qu'est ce qui est le plus important? De mettre dans votre corps des produits de qualité, qui vont être transformé... en vous, je vous rappelle! Ou d'acheter la dernière TV écran plat 3D qui fait le café? A vous de voir... Perso, j'ai choisi.

Cette pétition, c'est vraiment super, mais si personne n'achetait ces produits de merde, le problème n'existerait pas. La balle est avant tout dans votre camp.

lundi 25 février 2013

Fuites radioactives sur le site de Hanford

C'est partout dans l'actu, vous avez du en entendre parler, les cuves de stockages de déchets nucléaires du site de Hanford fuient.

Et pas de bol, Hanford, et bien c'est vraiment pas loin de chez nous, deux heures de route maximum. C'est juste de l'autre coté de la chaîne des Cascades. Autant vous dire que cela nous fait très moyennement rigoler. Je pense que ça inquiéterait tout le monde à la base, mais en plus quand tu as subit une irradiation totale du corps pour traiter une leucémie, tu n'as pas super envie de bouffer des radiations supplémentaires, le taux de cancer secondaire des transplantés étant nettement plus élevé que la normale.

Ce que je trouve intéressant dans le cas de cette fuite, et la raison pour laquelle je vous en parle, c'est le contexte qui l'entoure. A première vue, si on lit les journaux français sans bien connaitre la politique énérgétique de l'état de Washington, on aurait tendance à dire, "Bouh, pas bien le nucléaire, il faut en sortir vite, cela fait des déchets, etc etc.". Et bien dans la réalité c'est encore pire que ça, comme vous allez le voir.

Le site de Hanford est tristement célèbre pour être le site où a été produit le plutonium des bombes d'Hiroshima et de Nagasaki, et il a été utilisé durant toute la guerre froide pour contribuer à l'arsenal nucléaire américain. Il a été fermé en 1987, et il ne reste actuellement plus que deux réacteurs ouverts sur le site, celui de Columbia qui est un réacteur conventionnel et un réacteur au plutonium qui est préservé comme musée. Cela fait donc un réacteur actif pour 7 millions d'habitants de l'état, a comparer à la France où il y en a un pour 2.5M d'habitants.



Et c'est là que je trouve que cela devient flippant: il faut bien se rendre compte que l’électricité de l'état de Washington est essentiellement d'origine "propre" (entre guillemets, parce que les barrages, ça ne pollue pas mais cela détruit des sites historiques sans états d'âme). On produit 8 fois plus d'énergie via des sources renouvelables que via le nucléaire, d'ailleurs jusqu'à il y a cinq minutes où j'ai fait quelques recherches pour ne pas vous dire de conneries (éthique, le garçon), j'étais persuadé que 100% de l'énergie de l'état provenait de sources "vertes", tellement l'état est focalisé la dessus. Alors, on y est pas tout à fait, mais bon 70% cela commence à faire, et cela fait un moment que c'est le cas! L'état de Washington est d'ailleurs l'état le plus propre énergétiquement des US, et les développements en cours visent à passer au niveau supérieur, dans le sens où sont en développement, entre autres, de nouvelles techniques de micro-hydro, qui ont moins d'impact sur l'environnement (pas besoin de noyer une vallée). Oui, vous avez bien lu, les barrages, ce n'est plus assez clean pour nous!

Je ne sais pas si vous voyez où je veux en venir. Cela fait 25 ans que cet état est quasiment totalement sorti du nucléaire. On peut difficilement faire plus propre énergétiquement parlant. Et pourtant, 20 ans plus tard, on est face à une situation sanitaire extrêmement grave. Et oui, le fleuve Columbia, qui traverse deux états, passe à 8km d'Hanford. A une cinquantaine de kilomètres on trouve d'immenses étendues agricoles, avec en particulier la plus grosse production de pommes du monde. A 200 km on trouve une agglomération de 4 millions d'habitants. La pollution des nappes phréatiques serait dramatique.

Alors ma question c'est: qu'est ce qui va se passer en France, dans 10, 20, 30 ans, quand nos dizaines de sites d'enfouissement vont commencer à fuir de la même manière sachant que l'on produit chaque année 10 fois plus de déchets?

Question subsidiaire: comment se fait-il que l'on ne sache pas précisément depuis quand ce site a commencé à fuir? Pour rappel, ce site est exploité par... Areva. Qu'il y ai une fuite, j'arrive à le concevoir, mais ne devrait-elle pas être détectée presque immédiatement?

Question bonus, comment est ce que ça se fait que j'ai l'impression que les Seattleites s'en foutent? En première page (online) du Seattle Times et de Komo News, rien. On parle du cheval dans les boulettes Ikea (et autant vous dire que ça fait très moyennement rigoler les gens apparemment, tant mieux si cela peut faire prendre conscience aux gens de la merde que l'on mange), mais pas d'Hanford. Ça me sidère un peu que cela n'ai fait les gros titres que dimanche dernier.

Edit: Et coïncidence, un ami bloggeur, expatrié dans le Montana en parle aussi, il a d'ailleurs filmé sa vidéo avant que l'on ai des infos sur cette fuite, bien en phase avec l'actualité le gaillard. Il fait un excellent boulot ou il parle de préparation personnelle, c'est à découvrir par là!

mercredi 20 février 2013

Obsolescence programmée

S'il y a un truc qui m'énerve dans notre monde moderne, c'est bien l'obsolescence programmée (notez que demain ça sera l'immunité des banquiers et qu'après demain ça sera le Coca, en bon bobo que je suis...).

Je suis complètement à l'opposée du consommateur geek de mon âge, surement parce que je suis radin économe. Quand j'achète un truc, je veux que ça dure, j'espère tirer 4 ou 5 ans de chaque téléphone que j'achète, entre 6 et 8 ans pour un écran et un ordinateur portable... En fait, quand j'achète un truc, je n'ai pas envie d'en changer à moins d'une révolution technologique significative (pour les écrans, passage du CRT au LCD par exemple).

Bref, quand rien ne s'est passé quand j'ai appuyé sur le bouton pour allumer mon écran Dimanche matin, inutile de vous dire que j'ai sacrément fait la gueule. Premièrement, je n'ai pas vraiment l'argent pour m'acheter un nouveau moniteur, rapport au fait que les médocs, ça coute cher. Deuxièmement un moniteur ça doit durer entre 6 et 8 ans, minimum, bordel, pas 3 ans.

oui, ce siège est laid, mais putain la sieste dedans, c'est le bonheur
Qu'à cela ne tienne, foutu pour foutu, j'ai décidé de démonter l'engin pour voir si je ne pouvais pas le réparer tout seul. Fort heureusement (sinon on m'aurait entendu pester sur Mars), l'ouverture du boitier s'est avérée être très facile. Il ne faut juste pas avoir froid aux yeux, parce qu'il faut faire sauter le capot en plastique de proche en proche avec la pointe d'un couteau, mais une fois que c'est fait, la zone de l'interrupteur est directement accessible. Juste deux vis à enlever pour accéder au PCB. Et la sans surprise, c'est juste une petite languette de plastique qui est censée faire ressort qui a laché. Tout marche très bien, le bouton est juste hors service. Une seule solution: sortir le PCB par le trou du capot et l'y scotcher afin de pouvoir accéder à l'interrupteur. Aussitôt dit, aussitôt fait, et en 10 minutes mon moniteur est réparé.

le bout de plastique cassé
Tout est bien qui fini bien donc, mais je ne peux m’empêcher de vous en parler. Qu'est ce qui se serait passé si c'était arrivé à Madame Michu? J'ai fait rapidement une recherche sur Internet pour voir si je pouvais améliorer ma réparation en trouvant la pièce détachée, et apparemment je suis loin d'être le seul a avoir eu le problème: ce bouton lâche systématiquement au bout de quelques années. Parmi tous ces gens, une portion comme moi se dit que vu que de toute façon le moniteur est mort, autant l'ouvrir, mais une portion significative à trop peur (de quoi? des lutins qui peignent les pixels?) et jettent juste leur écran ALORS QU'IL MARCHE PARFAITEMENT. Erreur de design accidentelle, ou volontaire? Je me le demande.



et ma réparation de fortune, trop la classe.
Tout ça pour faire passer un message qui ne sauvera pas le monde mais qui y contribuera peut-être: si un produit électronique casse, en général c'est réparable facilement. Un écran de téléphone, ça se change à bas prix. Un disque dur ou une batterie d'iPod, idem, même si c'est super pénible à ouvrir, croyez moi, ce qui est d'ailleurs proprement scandaleux. Il y a un site, iFixit qui contient des plans pour démonter et réparer la plus part des gadgets du quotidien, c'est une excellente ressource. Au passage, ils viennent de démonter le SurfacePro de Microsoft, et c'est un cauchemar à démonter (et donc à réparer). Sans outils spécifiques et de l'expérience, c'est quasiment impossible.

Sauvez le monde, réparez vos bidules vous même.

mardi 3 juillet 2012

Les sacs plastiques bannis de Seattle

En septembre 2009, quelques mois après notre arrivée, j'avais écrit un article sur l'élection du maire de Seattle, où je me moquais gentiment (et avec ma compréhension limitée du moment) des enjeux de la campagne comme l'utilisation de sacs plastiques dans les supermarchés et le salage des routes.

L'actualité m'a finalement rattrapé, puisque depuis le 1er Juillet 2012, les supermarchés de Seattle ont interdiction de proposer des sacs en plastique. Seuls sont disponibles des sacs en papier, à un prix surchargé (5 centimes). Le but est clair: pousser les citoyens à utiliser des sacs réutilisables.

Et bien figurez-vous que je trouve que c'est une excellente chose.

Cela semble dérisoire comme mesure, au vu des problèmes environnementaux de notre planète. Vous pourriez me dire, "en perdant de l'énergie à faire cela on ne s'occupe pas des autres problèmes".  Oui, mais on ne s'occupe pas des autres problèmes de toute façon, et les sacs plastiques, c'est un problème qui peut être résolu ici et maintenant sans coût pour personne. Pourquoi donc ne pas le faire?

Les sacs plastiques c'est une triple peine: on consomme une ressource finie (le pétrole) pour les produire alors que cette ressource pourrait être utilisée pour des choses non dispensables, on utilise de l'énergie (pétrole ou nucléaire, choisissez votre poison) pour les fabriquer, et ensuite ils se retrouvent soit dans les décharges, soit dans la mer, continuant leur vie de pollueurs chez les ours polaires.

Pourtant nous les utilisons tous tout les jours sans y porter la moindre attention.

C'est dingue quand on y réfléchit: autant la pollution d'une voiture est difficilement dispensable, autant la pollution des sacs plastiques est complètement évitable: il suffit d'avoir en permanence sur soi un sac réutilisable comme celui présenté en photo ci-dessous, ou d'en avoir deux ou trois dans la voiture, pour ne plus jamais avoir à utiliser un sac plastique de sa vie. En plus ces sacs sont bien plus résistants que des sacs plastiques! Celia a le sien depuis 3 ans et a part le logo qui est effacé, il est comme neuf. Le mien est plus récent.

plié: 15g, se range n'importe où (poche, sac à main, voiture)

déplié, un sac ultra résistant

Ce genre de débat, ca me flingue parce que c'est vraiment une question de prise de conscience. Jusqu'à il y a encore quelques mois, j'avoue avec honte que je ne me posais pas la question. J'utilisais des sacs plastiques parce que depuis que je suis né, personne ne m'a jamais montré que c'était inutile (c'est d'ailleurs faux, car mes grands-parents allaient toujours faire les courses avec de grands sacs réutilisables), parce que j'ai toujours vécu avec des sacs plastiques. J'avais vaguement conscience que c'était super polluant, mais comme au quotidien je ne vois pas des montagnes de sacs plastiques devant ma porte, il  m'était facile d'ignorer le problème.

Curieusement, j'en suis venu à me rendre compte de la stupidité d'utiliser des sacs en plastiques en allant à la bibliothèque. Non, je n'ai pas lu un livre sur le sujet! J'allais souvent chercher un livre à l'improviste et j'ai fini par m'acheter un sac réutilisable pour éviter d'avoir en permanence à me coltiner 10 bouquins à la main. Et puis je me suis rendu compte que je l'utilisais sans cesse, et cela a fait tilt dans ma tête, quelques mois avant que Seattle n'en vienne à la même conclusion. Comme quoi, la culture, c'est important.

Mais pourquoi aucune autre grande ville n'a la même démarche? Tout simplement parce que les gens, comme moi il y a encore quelques mois, ont toujours vécu avec des sacs plastiques et ne se posent même pas la question. A Seattle il y a une prise de conscience car nous sommes (notez le 'nous sommes', je suis intégré maintenant!) une ville côtière avec une vie marine et des plages magnifiques qui se dégradent énormément à cause de la pollution. Dans la baie on peut voir toutes sortes de baleines, orques, saumons, "otaries"... Mais on en voit de moins en moins, ou alors on les voit... Morts, étouffés par des sacs plastiques, qui de la rue tombent dans les égouts, puis dans le Puget Sound.

notez le tag "Puget Sound starts here", qui signale que ce drain va directement dans la mer

Pour conclure, quelques chiffres:

Seattle, ville de 500.000 habitants, consomme au bas mot 300 millions de sacs par an. Imaginez un tas de 600 sacs chez vous, faites le test avec une dizaine de sacs, et ensuite imaginez pour Paris ce que cela représente. Seattle consomme aussi 70 millions de sac en papiers. Ces sacs sont aussi polluant: il faut couper des arbres pour les produire, il faut beaucoup d'énergie pour produire le papier... Mais au moins ils sont rapidement biodégradables.

crédit photo: cliquer sur l'image. Dégoutant, non?

A vos sacs réutilisables!

mardi 12 juin 2012

Colibris

En arrivant chez Gregg, nous avons été surpris par d'étranges mangeoires sur le balcon de l'appartement. Après inspection, il s'est avéré que c'était en fait des abreuvoirs, mais sans orifice pour que les oiseaux puissent boire. Étrange mystère, que nous avons temporairement mis de coté le temps de défaire les valises, d'aller faire les courses, de cuisiner le diner.

 Nous nous sommes finalement posés vers 21h pour regarder tranquillement un truc à la TV, ambiance on s'endort comme des tas après 4h de route.

Soudain un mouvement attire notre attention: un oiseau vient de se poser sur l'abreuvoir.

Surprise: c'est un oiseau mouche!

Tout s'explique: il n'y a pas d'orifice visible mais il y a des trous dans l'abreuvoir par lesquels l'oiseau peut passer son bec en forme de trompe.

Forcément  nous nous levons pour mieux voir. Cruelle erreur, au moindre mouvement l'oiseau s'enfuit. Son vol est surprenant, c'est une suite de lignes brisées, comme si l'oiseau n'avait aucune inertie, ponctuées de pauses en vol stationnaire pour observer l'environnement. Je n'ai jamais rien vu de semblable et n'ai donc pas de comparaison qui me vienne.

Tout au long de la semaine, nous allons chasser une image parfaite des colibris. C'est compliqué, car ils sont très craintifs et s'enfuient dès qu'il y a un mouvement. Pour avoir une photo la plus proche possible, il faudra que je mette en pratique tout ce que m'a appris ma pratique du tai chi, en marchant tout doucement, presque imperceptiblement vers la baie vitrée. L'expression de la Fontaine prend tout son sens: je me hâte avec lenteur pour arriver à prendre une photo décente avant que l'oiseau n'ai fini de boire. Il faut aller vite en allant lentement, un exercice intéressant.

Clic!




mercredi 8 septembre 2010

Le "Good Hotel", San Francisco

Pour commencer la série de posts sur notre voyage à San Francisco, je vais vous parler de l'hôtel où nous avons résidé. Drôle d'idée peut-être, mais nous avons été séduits par un certain nombre de choses.

Le prix tout d'abord. Je ne peux pas vous dire exactement combien nous avons payé car nous avions un pack avion+hôtel, mais c'est dans une fourchette de 100 à 140 dollars... Relativement peu donc, moins que le prix de chaînes sans charme comme "Best Western". En revanche, le petit dèj au restaurant de l'hôtel est hors de prix, nous avons trouvé mieux pour moitié moins cher à quelques blocs de l'hôtel.

L'hôtel est bien situé, à la jonction de la 7ème et Mission St, à une dizaine de minutes à pied de Union Square et juste à coté de lignes de bus et de train qui vous emmènerons à peu près partout dans et autour de San Francisco. De plus l'hôtel est à moins de 20 minutes de l'aéroport, ce qui ne gâche rien.

Le quartier est en revanche assez... Particulier. A un bloc de là, le croisement de la 6ème et Mission est apparemment le point de chute de tous les clochards/marginaux de la ville: en journée c'est plutôt calme, le soir c'est... vivant. Nous n'avons eu absolument aucun problème, par contre nous avons assisté à quelques scènes pour le moins étranges. Bref, il ne faut pas que cela vous retienne d'aller au Good Hotel, mais il faut quand même mieux le savoir.

Bon: prix mini, emplacement idéal, c'est à peine suffisant pour faire un post. Qu'est ce qui rend cet hôtel particulier?

C'est simple: son concept. Le Good Hotel, je cite, veut être "le premier hôtel avec une conscience".

L'ensemble de la déco, moderne et colorée, est réalisée avec des matériaux recyclés; comme par exemple ces lits que j'adore.

un lit en matériaux recyclés au Good Hotel e San Francisco

L'ensemble de la politique de l'hôtel est de chasser le gaspillage: toutes les lampes sont évidement à économie d'énergie, les serviettes et les draps ne sont changés que si l'on le souhaite (en les mettant dans la douche), au lieu de petits savons la douche et le lavabo sont équipés de dispenseurs qui évitent de gâcher du savon. Même les toilettes sont pensés écolo avec un système plutôt malin permettant de se laver les mains sans gâcher d'eau.

Un toilette écolo au Good Hotel de San Francisco

L’hôtel dispose aussi de plusieurs vélos que l'on peut emprunter et participe à plusieurs projets philanthropiques comme le projet OLPC (un modèle est d'ailleurs disponible).

Un OLPC au Good Hotel de San Francisco

Bref, nous sommes séduits par l'hôtel et sa démarche.

Vous pouvez retrouver plus de photos sur le site du Good Hotel et sur notre page Facebook.




mercredi 7 octobre 2009

Un peu d'écologie

Aujourd'hui, pour changer un peu, je ne vais pas vous parler de Seattle mais d'écologie.

Tout d'abord, on m'a envoyé cette vidéo, une petite animation qui parle de vaches. Très bien faite, très poétique, et surtout on ne peux plus juste.

Forcément, quand on est aux U.S, certainement le plus gros pays producteur de viande de bœuf industrielle avec les pratiques sanitaires des plus douteuses, cela touche une corde sensible, mais ne faisons pas l'erreur de croire que nous sommes mieux en France.

Merci au Fada Cinglé de nous avoir envoyé cela, j'adore.

La deuxième chose dont je voulais vous parler c'est un truc que j'ai appris récemment pour nettoyer les vitres, miroirs etc. Avec ce truc, vous n'utiliserez plus jamais de produit à vitre.

C'est en fait tout simple: prenez une feuille de papier journal, mouillez la et passez une première fois sur votre vitre. Quand vous avez fini, prenez une autre feuille, sèche, et refrottez toute votre vitre pour la sécher.

Et voilà! Je vous promet que vous aurez les vitres les plus propres de toute votre vie, en deux minutes chrono et sans produit ménager. Et en plus, on recycle les prospectus dont on est inondé constamment.


Search Results


Free Blogger Templates by Isnaini Dot Com and Architecture. Heavily modified beyond all recognition by Lo�c. Social icons by plugolabs.com .Powered by Blogger