Les médecines non-conventionnelles, un complément indispensable des traitement conventionnels
Vous savez, je suis un fervent défenseur des médecines non-conventionnelles en
complément des thérapies conventionnelles pour traiter les cancers.
Avant que ne tombe le diagnostic de la leucémie, cela faisait déjà plusieurs années que je pratiquais une voie taoïste, avec un travail sur le souffle, un travail de méditation, et un travail physique (tai chi chuan). J'ai toujours dit que si j'ai aussi bien supporté les cycles de chimiothérapie, c'était à mon avis en très grande partie grâce au fait que je n'ai jamais arrêté de m'entrainer dans ces trois pratiques. Attention, on se comprend, ça ne veut pas dire que ça a été amusant ni facile, cela veut dire que par rapport à l'ensemble des patients subissant le même genre de traitement, je m'en suis globalement mieux sorti et j'ai globalement mieux récupéré et plus vite.
J'attribue également en grande partie le fait que ma greffe de moelle osseuse se soit aussi bien passée au fait que je n'ai jamais cessé de faire de l'exercice. Enfin, si psychologiquement j'ai aussi bien tenu le choc et si j'ai aussi bien pu transformer ce cauchemar en quelque chose de positif, je pense que c'est en partie grâce à tout le travail de méditation que j'ai fait avant de tomber malade, et que j'ai continué pendant toute ma convalescence.
Aujourd'hui, deux ans après la greffe de moelle osseuse, pas de signe de leucémie ; en revanche je souffre beaucoup au quotidien à cause des effets secondaires des médicaments. Là encore, les médecines "douces" m'accompagnent et me permettent de mieux vivre mon quotidien: le taichi est a peu près la seule forme d'exercice physique que je peux effectuer sans douleur, les massages soulagent de façon phénoménale mes douleurs chroniques et la rétention d'eau, la chiropractrice me permet de relâcher les tensions qui s'accumulent à une vitesse phénoménale dans mon corps, la nutrition me permet d'éviter de faire empirer mon état en mangeant n'importe quoi et je suis persuadé qu'en mangeant d'une certaine façon je diminue drastiquement le risque de rechute...
Bref, je suis complètement pour tout ce qui est médecine douces, et plutôt deux fois qu'une. Pourtant il y a un truc que je trouve insupportable: ce sont les appellations "médecines alternatives" ou "médecines parallèles".
Les médecines alternatives, pour traiter une leucémie, cela n'existe pas!
Je déteste cette expression de "médecine alternative", comme celle de "médecine parallèle", parce qu'elles sont très trompeuses. Elles sous entendent que pour traiter certaines pathologies, on aurait le choix entre la thérapie conventionnelle et la médecine alternative/parallèle... Or, si c'est vrai dans certains cas, dans certaines pathologies clairement identifiées, c'est on ne peut plus faux dans le cas de la plupart des pathologies lourdes comme les cancers. Laissez moi vous expliquer une vérité fondamentale qui tient en une ligne:
Si vous avez une leucémie, sans chimiothérapie, vous allez mourir.
Il n'y a pas d'alternative. Les seuls traitements connus, qui marchent (et encore, pas tout le temps, on aimerait qu'ils marchent mieux) sont proposés par la médecine occidentale. Les médecines non-conventionnelles offrent des possibilités qui permettent souvent de mieux vivre le traitement, parfois d'en améliorer les résultats, parfois de diminuer les effets secondaires négatifs... Mais on a jamais vu personne guérir d'une leucémie aigüe lymphoblastique en chantant "kumbaya" et en buvant du jus de carotte.
Malheureusement, il y a pas mal de charlatans qui affirment le contraire, et on lit de plus en plus sur internet des campagnes de désinformation qui visent à discréditer les thérapies conventionnelles en exploitant la peur qu'a le public de la chimiothérapie (qui est un traitement bien désagréable, il faut l'avouer), afin bien sur de faire en sorte que le public se tourne vers les médecines douces. Je vous renvoie v
ers un excellent article publié par Zoélie qui démonte l'un de ces meme point par point, vous verrez c'est d'une malhonnêteté intellectuelle absolument effarante.
Quand les thérapeutes non-conventionnels s'en mêlent et se tirent une balle dans le pied
Plus pernicieux encore que ces cas flagrants de malhonnêteté intellectuelle, qui sont au final assez facile à démonter pourvu que l'on soit pourvu d'un soupçon de discernement, il y a les discours alarmistes des thérapeutes non-conventionnels. Ma chiropractrice, par exemple, est absolument excellente, mais elle est persuadée que l'on peut tout guérir en manipulant le corps et elle l'affirme à n'importe quel patient de son cabinet (bon, elle ne va pas jusqu'à prétendre soigner un cancer, sinon je n'irais plus chez elle). Elle en est tellement persuadé qu'elle refuse de faire vacciner ses gosses. Je ne vais pas lancer le débat mais dans l'état de Washington en ce moment il y a une épidémie de pertussis (la coqueluche), qui est une vraie saloperie hyper contagieuse, qui se transmet de façon aérosol, et qui est potentiellement mortelle chez les enfants. 50000 cas l'année dernière, dont 20 morts (ce qui ne fait pas beaucoup, mais je vous assure que c'est une maladie extremement pénible, très douloureuse, et il n'y a pas besoin d'en mourir pour que cela soit dramatique), contre 20000 les années précédentes... Pourquoi? Parce que les parents ne font plus vacciner leurs enfants. Et voilà, ce qui devait arriver arriva, dans l'état de Washington, des gamins meurent maintenant de la coqueluche, bravo, bravo, on applaudit bien fort!
Sans compter que c'est bien gentil de ne pas se vacciner en faisant confiance à son système immunitaire, mais dans la population, il y a des gens, enfants, personnes âgées, malades de cancer,
moi, qui ont un système immunitaire qui ne fonctionne pas bien et qui sont mis en danger par ces comportements. On ne se vaccine pas que pour soi, on se vaccine aussi pour les autres. Si demain votre enfant attrape la coqueluche et qu'il n'est pas vacciné, il survivra probablement, après en avoir bavé comme pas permis pendant trois semaines, par contre s'il me la refile, il risque de me tuer. Merci bien.
Un discours contre productif qui freine l'adoption des médecines douces
Ce genre de propagande m’énerve, parce que c'est contre-productif pour la cause des médecines non-conventionnelles en général. Quand on lit des gens qui disent:
- "Je me méfie de la chimio"
- "Moi si j'ai un cancer, je me fais opérer, mais je ferais pas de chimio" (vu sur facebook, sisi, je vous assure, faut que je vous reparle de ça parce que c'était affolant...),
- "Moi je vaccine pas mes gamins contre la coqueluche, je les ajuste, c'est bien mieux!"
J'ai même lu quelqu'un dire quelque chose du genre "J'ai
connu 3 personnes avec un cancer, toutes traitées par chimio, toutes
mortes, alors la chimio, non merci...". Outre le fait que je suis
vraiment navré pour cette personne, et croyez-moi je le suis
profondément, il y a vraiment une erreur incroyable dans cette phrase
que d'attribuer la mort au traitement... Et pas à la maladie, qui est
quand même mortelle à la base, on le rappelle.
Cela décrédibilise toute la démarche des gens qui veulent introduire des thérapies non-conventionnelles dans les hôpitaux et du coup les médecins conventionnels se méfient et ne font aucun effort pour proposer ce genre de thérapies aux malades. Et au final, ce sont les patients qui en souffrent.
J'ai eu ce genre de conversation avec un médecin, excellent par ailleurs, alors que j'avais le dos qui me faisait un mal de chien. Je lui ai demandé si je pouvais aller chez le chiro... Il m'a dit, "Oui, mais d'habitude je n'en parle pas, je me méfie des chiropracteurs, ils pensent pouvoir tout soigner avec leurs manipulations"... Et voilà, un médecin qui ne propose pas quelque chose qui est connu comme étant efficace pour soulager les douleurs, parce que échaudé par le discours fantaisiste d'une minorité... Et je le comprend, quelque part!
C'est un discours totalement contre-productif, car les premières personnes à convaincre, ce ne sont pas les malades, mais bien les médecins des thérapies conventionnelles, qui ont quand même le dernier mot dans la plupart des cas, et ce à juste titre.
Arrêtons de parler de médecines douces ou alternatives
Les mots sont excessivement importants et il importe vraiment de faire attention à ce que l'on dit dans un domaine aussi sensible que celui-ci, c'est pourquoi je suis vraiment contre l'appellation médecine "douce" (tenez, par exemple, certaines tisanes de plantes sont abortives et n'ont donc rien de douces), "médecine alternative" et "médecine parallèle". Quand on parle de cancer, encore une fois, il n'y a pas d'alternative! J'aime bien l’appellation médecine complémentaire, car c'est comme cela que je le vois, faire tout ce que l'on peut en plus du traitement de base, mais je me range à l'expression définie par l'Union Européenne qui me plait aussi, qui est de parler de médecines non-conventionnelles. Au moins, ces deux dernières expressions ne colportent pas un mensonge flagrant.
Ces médecines non-conventionnelles, médecines douces, médecines complémentaires peuvent jouer un rôle incroyable de prévention, ou de soutient aux thérapies conventionnelles, dans tous les domaines, pas seulement dans le traitement des leucémies ou autres cancers.
Je suis persuadé que l'on pourrait obtenir des résultats fabuleux si l'on explorait plus ces pistes. Il faut faire tout notre possible pour faire connaitre ces thérapies complémentaires aux médecins et aux patients...
Mais pour cela, il faut éviter de s'auto saborder en tenant des discours qui n'ont pas de sens.