Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs de deux Français expatriés aux Etats-Unis.

mercredi 9 décembre 2009

Un matin en bus

Il y a un truc de Paris qui ne me manque pas, c'est le métro.

Enfin, c'est plus complexe que ça. Le métro de Paris est quand même super bien foutu et les gens qui critiquent la ligne 13 n'ont jamais passé vingt minutes à attendre un bus par -10°C, pour devoir ensuite monter dans un bus bondé et se taper une demi-heure sur l'autoroute, debout, lancé à 90, priant pour sa vie et pour qu'une grand mère n'ai pas l'idée saugrenue de tailler une bavette.

Mon problème avec le métro Parisien en fait c'est juste que j'en avais raz la casquette d'être sous terre 20 heures par semaine, ça me tapait sérieusement sur le système. Je faisais overdose, peut-être parce que je savais que j'allais bientôt partir, je sais pas. Peut-être juste parce que passer sa vie dans le ventre de Paris, ça use.

Le système de bus de Seattle est relativement bien foutu, mais cher et pas très prévisible, et pour des raisons économiques essentiellement fréquenté par des gens qu'ont pas de thunes, du coup c'est parfois (voir même régulièrement) la cour des miracles. Bref, au premier coup d'œil, rien qui ne puisse faire regretter la RATP.

Il y a des compensations. Tous les matins, je vois le soleil se lever sur le mont Rainier, la Space Needle et le lac Union. Et ça, ça défonce pas mal.






mardi 8 décembre 2009

Thanksgiving

Oui, je suis à la bourre, c'était il y a plus de deux semaines, je sais. Mais ce n'est pas parce que je manque de choses à raconter, bien au contraire.

Alors déjà pour ceux qui ne savent pas, Thanksgiving, c'est la plus importante fête américaine, c'est à dire celle qui est suivie le plus religieusement (c'est le cas de le dire) par les américains. On a même fait le pont, c'est vous dire!

Je ne saurais en revanche pas vous dire ce qu'on fête exactement, j'étais un peu plus focalisé sur ce qu'on allait manger que sur l'archéologie. On se refait pas.

Par contre ce qui m'a étonné, c'est que contrairement à Halloween, ce n'est pas une fête ou on subit du marketing à outrance, bien au contraire. La seule exception notable étant les vendeurs de dinde, mais bon la dinde c'est assez difficile à décliner en produits dérivés... Encore que, faudrait peut-être que je me méfie en disant ça. Bref en dehors du rayon barbaque de ton supermarché, tu te sens pas trop agressé.

C'est au contraire une fête ou pour une fois les gens prennent du recul, passent du temps en famille, bref un îlot de paix au milieu de la vie ultra-compétitive des américains.

Bon nous c'est vraiment pas notre culture, alors ça nous à un peu laissé froid le coté remerciements et tout ça, par contre vous commencez surement à nous connaître, on allaitpas laisser passer une occasion de bien bouffer.


Et bien bouffé, on a! Et pas qu'un peu, le sport national étant d'ailleurs de cuisiner 3 fois trop de bouffe pour pouvoir donner des restes aux invités pour continuer le repas le lendemain. Je déconne pas, on a fait 2 repas ensuite avec les restes. Because we can.

Une seule absente, la dinde, pour cause d'un couple végétarien parmi les convives. Thanksgiving n'étant pas Thanksgiving sans dinde, nous nous sommes vengés sur un whisky « Wild Turkey » ma fois assez fameux.

Et puisque je parle de Thanksgiving, littéralement « Le donnage de remerciements » (en gros), j'en profite pour vous parler d'un truc qui me trotte dans la tête depuis un moment, d'autant que nous sommes à la veille (une semaine!) de notre premier retour en France, ce qui marque un jalon dans cette histoire.

L'expatriation, c'est à la fois facile (tu prends ton billet d'avion, tu fais ta valise, tu décarres et tu fais pas chier) et très compliqué, surement pas pour les raisons que tu imagines d'ailleurs.

Une constante de notre expérience, ce qui nous a le plus surpris je crois, c'est l'incroyable gentillesse des gens.

Nous avons reçu tellement d'aide que vous faire un résumé ici serait trop long, indécent, et surtout trop personnel. On a reçu de l'aide de partout, en France comme aux US, parfois de personnes complètement inattendues (comme notre coiffeur à Paris, allez le voir il est adorable) , parfois de façon matérielle, parfois simplement sous la forme de quelques mots qui changent tout et rendent tout possible.

Bref, je profite de ce post pour les (vous, puisque certains me lisent), remercier tous. Et tant que j'y suis remercier ma femme qui m'a embarqué dans cette aventure. I love you.

lundi 7 décembre 2009

Snuggies

Les états-unis possèdent une avance technologique indéniable, qui leur permet d'inventer des objets absolument indispensables.

D'ailleurs, aparté, c'est parfois surréaliste de parler avec des américains: du genre on parle d'iPods et on te demande si ça existe en France. Soit ils pensent qu'on est attardé, soient ils n'en savent vraiment rien, et c'est au moins aussi flippant. Rigolez pas, ça m'est arrivé régulièrement, et ça m'arrive encore.

Bref, revenons à nos moutons: on a découvert un objet qui va révolutionner l'histoire de l'humanité, qui va transformer la vie de l'homo couch-potato, roulement de tambour, j'ai nommé le Snuggie, pluriel Snuggies.


Le Snuggie, attention les yeux, c'est une couverture avec des manches! C'est la révolution absolue de la glande devant la TV: tu peux glander au chaud sous ta couverture, en buvant ton soda, en bouffant tes nachos comme un cochon (ça fait aussi tablier bavoir) , en utilisant la zapette, sans jamais risquer d'attraper froid. En fait le seul truc qui manque c'est un glory-hole, si tu voix ce que je veux dire.

En bonus, tu as le choix parmi des dizaines d'imprimés tous plus hideux kitchs les uns que les autres. C'est-y pas beautiful?

dimanche 6 décembre 2009

Chocolat au Bacon

Sans déconner, pour le chocolat, oubliez la Suisse.

Seattle héberge des chocolateries de qualité, avec des chocolats fabuleux, comme le chocolat au curry que l'on trouve chez Theo. Faut essayer pour comprendre, c'est à tomber par terre.

Aujourd'hui on est tombé sur une marque de chocolat auto-proclamée "de luxe" avec par exemple un chocolat aux goji berries et au sel de l'Himalaya... Et ce chocolat: Mo's bacon bar.


Ca fait pas super envie comme ça a priori... Moi ça m'évoque un vieux MacBacon pourri plein de gras.

Alors évidemment on a décidé d'essayer, normal.

Et ben figurez vous que ca démonte pas mal. C'est un peu comme les caramels au beurre salé, façon amérique :).

lundi 30 novembre 2009

Ce que j'ai appris en six mois (à mon tour)

Avant le départ, une de composantes majeure de l'expérience d'expatriation c'est la peur.

Cette peur, c'est avant tout une peur du changement qui peut-être décomposée en plusieurs variétés. J'en retiendrais deux: la peur de l'inconnu et la peur de l'insécurité, qui sont subtilement différentes.

La peur de l'inconnu est à priori plutôt saine, c'est l'instinct de conservation de base. Paradoxalement, c'est à la fois celle qui est ponctuellement la plus intense est la plus facile à combattre. Je m'explique.

Avant le départ nous étions accroc à Grey's Anatomy. La série se passant à Seattle, on regardait des épisodes en essayant de voir des bouts de la ville, ce qui est d'ailleurs assez compliqué vu que la série se passe essentiellement en intérieur (et donc dans des studios à LA). Un soir donc, nous avons regardé l'épisode de trop, un épisode avec un long plan de Downtown Seattle de nuit, avec le trafic en accéléré.

Ce plan en particulier nous a littéralement tétanisé de trouille. Cela nous a mis face à l'ampleur de ce que l'on s'apprenait à entreprendre, à l'étendue du décalage culturel et géographique qu'impliquait toute l'entreprise. On s'est regardé en, faute d'une meilleure expression, faisant dans notre culotte.

On n'est pas resté longtemps dans cet état: l'un de nous à dit un truc du genre « Au moins, on verra ptet des orques dans la baie du Puget Sound, c'est de la balle! », l'autre à dit « waip » en se réservant une vodka et ce moment de panique est vite passé.

Petite note au passage, quand on est parisien, être terrorisé par Downtown Seattle, c'est un peu crétin, parce que c'est pas une si grande ville que ça. Encore, si vous venez de Noirmoutier les Charrues en Limougeaud, peut-être que ça peut vous impressionner, mais si vous avez habité en ville, normalement c'est bon. Salut, Fred, Chris, no offense :).

Cette peur là est plutôt saine et pour la combattre, il suffit de s'armer en prenant les précautions idoines et en prévoyant les issues de secours qui s'imposent.

La deuxième peur qui va vous tenailler est beaucoup plus insidieuse parce qu'elle se dissimule en d'autres peurs beaucoup plus raisonnables et elle est du coup beaucoup plus dur à comprendre et à combattre. Elle est aussi moins intense, moins ponctuelle, plus diffuse. Je ne sais pas trop comment l'appeler alors dans l'introduction je l'ai nommé peur de l'insécurité, mais c'est plus une peur de perte de confort pour nous occidentaux.

Dans mon cas, cela signifiait quitter un boulot stable, un appartement que je venais d'acheter et de repeindre entièrement, des meubles design que j'ai amoureusement accumulé pendant quelques années, des babioles diverses et variées. Bref en gros tirer un trait sur le confort matériel que m'ont apporté sept années de travail et revenir à un mode de vie proche de celui que j'avais quand j'étais étudiant où en simplifiant ce que je possède tient dans une valise et où je dors ou je peux, quand je peux.

Le problème dans notre monde moderne, c'est qu'il est facile de confondre ce que l'on est avec ce que l'on possède et ce dont on a besoin avec ce dont on (nous as donné) envie.

Dans les commentaires au post de Celia sur ce qu'elle a appris pendant ces six mois à Seattle, quelqu'un dit (je paraphrase) « Je vivrais bien une vie plus simple, mais c'est difficile à Paris ».

Oui... Mais. Ce qui est difficile c'est de se débarrasser de ses habitudes et des couches de besoins illusoires dont on est enduit, pas de le faire « à Paris ».
Et pour moi cette phrase est révélatrice d'une peur sous jacente de lâcher prise, de laisser aller des attaches matérielles. Finalement, c'est un peu une peur de la dissolution qui s'exprime.

Cette peur sous toute ses formes, a véritablement été la plus dur à vivre en préparant notre départ, en tout cas pour moi. Cela va peut-être vous sembler étrange, voir insultant, mais le plus difficile à été de ranger mon appartement au fond d'une cave et de partir avec mon baluchon, pas de dire au revoir aux copains. Vous commencez surement à comprendre pourquoi je n'aime pas cette peur. Contrairement à l'autre elle est nuisible, nocive, et pas facile à gérer.

Et comme Celia, j'ai assez vite compris que j'avais besoin de peu de choses pour être heureux: m'endormir avec elle, garder un contact avec ma famille et mes amis, et avoir une stimulation intellectuelle. Et basta.

vendredi 27 novembre 2009

Comment j'ai appris à n'avoir besoin de (presque) rien aux USA

Ce titre a de quoi surprendre, les USA étant considérés comme un des pays les plus consumériste du monde. Tout est fait pour que vous ayez envie et besoin de dépenser de l'argent, d'acheter ce dernier produit aperçu lors d'une des nombreuses publicités qui jalonnent votre chemin ou qui parsèment votre émission télé favorite...

En outre écrire ce post le jour du Black Friday est une gageure à lui seul.

Tout à l'heure dans le bus qui m'emmenait à Downtown après avoir écumé au bras de mon mari tous les magasins de "The Ave "pour trouver, essayer des chapeaux, vêtements, je me suis demandé ce que j'avais appris depuis notre arrivée en mai dernier.

Six mois ici, bientôt sept... Ces mois passé loin de vous, loin de Paris, dans un nouvel environnement et une nouvelle vie, m'ont appris énormément de choses. L'une d'elle est que je n'ai pas besoin d'acheter 200 euros de maquillage par mois chez MAC, ni de dépenser 400 euros en fringues, ce qui constituait avec les sorties mon plus gros budget…


Finalement, j'ai besoin:

D'un appartement correct, même si je rêve d'une maison design comme celle de ma chef ou d'un loft de bric et de bois comme à Pionner Square. Notre appartement est banal, oui j'avoue mais il restera notre premier appartement, notre cocon.

Les meubles, on vous en a déjà parlé dans un post précédent. Entre Ikea et la récup on rêve toujours des objets vu cette après-midi dans des magasins design... Mais le rêve c'est bien!

Une connexion internet... Là je vais rester très "branchée" mais qui peut vivre sans internet aujourd'hui? J'avoue je suis totalement accroc au web 2.0, mais on va dire que c'est parce que je suis expat :D.

De bien manger, ça c'est essentiel et ici c'est un bonheur de faire ses courses à Whole Food et au marché. C'est peut être le seul budget qui n'a pas diminué et je remercie ma famille de m'avoir donné cette éducation du plaisir de manger et du plaisir de cuisiner... Quel plaisir de papoter avec deux de mes collègues de petits plats et des restaurants, les amoureux de la cuisine se rencontrent vite...

De vêtements, oui quand même, mais finalement depuis six mois je n'ai seulement craqué que pour quelques robes, deux paires de bottes (j'en avais marre d'avoir les pieds mouillés), d'un chapeau et de ma veste d'amour en cashmere... Tout ça acheté dans mon petit magasin Vintage sur "The Ave". En six mois j'ai du dépenser, allez, 300 dollars...50 euros par mois! Je ne porte toujours pas le même vêtements deux fois dans la même semaine mais une semaine sur l'autre ça ne me gène plus, j'ai redécouvert les essentiels de ma penderie et les différentes combinaisons possibles.

De maquillage? Pas vraiment non. Hélène me fait toujours autant rêver à chaque vidéo, la palette indigo de Lancôme me fait de l'œil de puis 4 mois, mais en fait la dernière fois que j'ai porté un smoky c'était pour Halloween, ou je m'étais déguisée en parisienne :D

Je suis encore loin d'être une vrai décroissante, mais je vais doucement sur la voie de la simplicité volontaire. Comme dirait ma tata, ces six mois ont été un retour à l'essentiel. Finalement, comme dirait ma carte bancaire: "le bonheur cela ne s'achète pas, pour tout le reste, je suis là".

Mais alors pourquoi vous parler de ça? Peut-être juste une peur que tout ceci ne soit qu'illusion, même si je n'y crois pas et qu'en passant ces quelques jours prochains avec vous à Paris tout ceci va disparaitre, que je vais retomber dans les limbes du consumérisme et du superficiel.

Et puis même, même si je retombe dedans ça ne sera qu'un petit shot de drogue, le petit choc qui va me conforter dans ma vie, ma vie ici.

Je vous dirai ça en Janvier!

Mais avant ceci, à nous Paris!

mardi 24 novembre 2009

Tramway

Il n'y a pas de métro à Seattle, à proprement parler.

Le truc qui s'en approche le plus, c'est le tunnel qui coure sous la 4ème Avenue Downtown, qui est emprunté par une bonne vingtaine de lignes de bus qui distribuent le nord et le sud en passant par le centre.

Nous avons donc 4 stations en sous-sol, qui sont empruntées par des bus donc, mais aussi très récemment par un nouveau tramway, le Link Rail, qui vous rappellera surement les métros modernes de villes française (on a le même depuis plus de 10 ans à Rouen, Lyon, Bordeaux, Paris)... (Pour ceux qui connaissent Seattle, oui, il y a d'autres tramways, je simplifie parce que sinon j'y suis encore demain).

le métro de Seattle
Rien de nouveau sous le soleil donc, si ce n'est qu'ici à Seattle, c'est apparemment une petite révolution, au point d'ailleurs que les débats autour de la construction de nouvelles lignes de transport en commun en général et de tramway en particulier ont focalisé une partie du débat électoral récent. Il faut savoir que des conservateurs Seattleites trouvent que c'est du gâchis, qu'il faudrait mieux construire d'autres routes, vous voyez le topo, le discours républicain inepte standard.

Bref, on va pas trop faire de politique non plus, je ne vais pas vous résumer pourquoi il faut développer un système de transport en commun efficace dans toute métropole (ou non), cela me semble à peu près évident.

Le truc amusant dont je voulais vous parler avant de m'égarer à vous parler politique et tout, c'est donc que pour une raison que j'ai du mal à comprendre, ce tramway fait peur. En gros quand il arrive à quai, il est annoncé par une sirène stridente qui vous éclate les tympans, comme si c'était un truc ultra-dangereux. Quand il part, idem, on a droit à un barouf du tonnerre... Pour faire une analogie, on a un peu l'impression d'être les indiens qui découvrent le cheval de fer.

Le fait que les bus font exactement la même taille, sont bardés de rétros autrement plus dangereux et s'arrêtent eux sans aucune signalisation auditive ne gêne personne.

Je vous parle de tout ça parce que ça m'irrite un peu. Pour une fois que l'on sors du cliché de l'américain de base et de sa bagnole, et qu'il y a des initiatives pour développer des alternatives qui font un peu plus sens énergétiquement parlant, on dirait que tout est fait pour la saboter, un peu comme un gamin qui casse son jouet plutôt que de le prêter.

Pendant ce temps, à Lyon, les transports en commun sont passé devant la voiture. Bravo à eux.

dimanche 22 novembre 2009

Mallornes

Est-ce que Tolkien aurait pu décrire les mallornes, les arbres aux feuilles d'or de la Lothlórien, s'il avait vécu dans l'été perpétuel de la Californie?


Je ne crois pas.

jeudi 19 novembre 2009

Ce qui devait arriver arriva

Juste au moment où je pensais avoir fini mon programme, je me rends compte que mon code est naïf et que j'effectue n² itérations au lieu de n. Le problème c'est qu'il est 5h, et j'ai pas spécialement envie de rester plus longtemps: ça fait 8h que je bosse sans prendre de pause, je suis en avance, bref, faut pas trop déconner non plus, je me taille.

Je sors donc du boulot, un peu complètement dans la lune, encore en train de refactoriser mon code dans ma tête. En bon geek, il va me falloir une heure pour arrêter d'y penser, et encore. Pour les fans de Big Bang Theory, quand Sheldon et Kuthrapally bossent devant le tableau noir, ben c'est à peu près mon état. Sauf que je suis bien habillé, soyons sérieux deux minutes, je reste Parisien.

Heureusement, le geek est une créature évoluée, un mutant: quand il est perdu dans ses pensées, un pilote automatique prend le relai et l'emmène à bon port automagically (et lui permet de répéter la dernière phrase qu'on lui a dite aussi, voir plus, ça dépend de la ram que t'as dans ta config, moi typiquement c'est pas des masses mais j'ai upgradé suite au mariage).

Mes pas m'amènent donc au bord du quai du métro sans intervention consciente de ma part, par pure habitude... Et j'attends sur le bord du quai comme d'habitude, en optimisant allègrement mon algorithme, faisant toute confiance au système d'exploitation qui a pris le relais de la gestion de mon corps pour monter dans le bon bus.

Dans un petit coin de ma tête, un warning s'est allumé. Je fini par regarder ce que c'est, sinon c'est comme gtalk, c'est chiant quand ça clignote dans la barre des taches, ça me distrait.

Que pasa donc? Ah, oui, normalement, il ne pleut pas quand on attend le métro, bonne remarque.

Hum. Je branche la webcam pour voir ce qu'il en est. Wooooooooooooloulou Fuuuuuuuck!

Trop tard. De deux secondes.


La voiture passe en trombe et rase le trottoir, roulant à 60 à l'heure dans cette magnifique flaque. Comme un con, je suis juste au bord de la route, pas dans l'abri. J'ai à peine le temps de réagir que je me retrouve trempé comme une soupe.

Le pire c'est qu'ici, et spécialement dans le quartier ou je bosse, on peut pas gueuler après les cons, parce qu'on court toujours le risque que ça soit un con armé.

Fuck.

mercredi 18 novembre 2009

Le gars tout nu en novembre

Une fois n'est pas coutume, ce post commence par une photo d'une pub que je viens de prendre dans le bus.

pub bizarre dans un bus de seattle
C'est une pub pour une compagnie d'assurance dont l'accroche est la suivante: « Nous sommes comme vous: un peu différents » avec une photo d'une caricature d'un habitant de l'état de Washington.

Jusqu'à maintenant, je ne trouvais pas ça très fin où drôle: il était clair que par « différent », on entendait « simplet », comme le Bayrou des Guignols à une époque (« Il est un peu … différent, hin hin »), avec par exemple une affiche titrée « Le gars qui ouvre ses bières avec les dents » accompagnée d'une photo d'un gars aux chicots défoncés et à l'air passablement Homérique (l'américain, pas le grec, d'oh).

Bref j'étais un peu perplexe, ayant du mal à comprendre le but d'une pub dont le message principal est « On est comme vous: bouseux, cons, et alcooliques ».

Mais cette affiche-ci, elle est vraiment marrante, parce que figurez-vous que « Le gars qui est torse nu par 5°C », il existe et je l'ai encore croisé hier.

Je me couvre bien, j'ai une écharpe, je met mon blouson de ski même parfois tellement il pleut des chiens et des chats, et jamais je n'oublie mon parapluie (paix à son âme, d'ailleurs), et je trouve encore le moyen de me peler les miches.

Pendant ce temps, j'ai un collègue qui arrive tous les jours en short, ce matin j'ai encore croisé une jeune fille toute pimpante en jupe et en... tongues et je suis sur que si je regarde par la fenêtre du bus 5 mins, je vais croiser un gus dans une tenue pas possible... Bingo, encore un gars en short (oui, je vous écrit depuis le bus, c'est du live là mesdames messieurs).

Bref, les gens ici, ils sont vraiment pas normaux, et cette pub, pour une fois, est drôle.

Allez, je vous laisse, moi j'descends là.

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