Carnets de Seattle: Patchwork d'impressions et d'humeurs d'un Français expatrié puis revenu des Etats-Unis. Depuis mars 2011, ces carnets sont aussi le journal de mon combat contre la leucémie, les séquelles de la greffe de moelle osseuse et le cancer secondaire apparu en Janvier 2024...

vendredi 28 août 2009

Internet aux U.S.

J’allais écrire un post sur un sujet complètement différent, mais vu que je viens d’avoir à rebooter mon modem deux fois pour récupérer un semblant de connexion internet, je vais passer en mode défouloir à la place.

Les U.S, c’est le pays des plus grosses boites d’informatique du monde : Google, Microsoft, Amazon, EBay, IBM... C’est LE pays leader dans le domaine au niveau mondial : quasiment tout est ou a été inventé ici. Le net par exemple.

Et bien si vous vous attendiez à avoir les meilleurs forfaits internet du monde et des forfaits mobiles à la pointe de la technologie, vous pouvez repasser.

Pour les besoins de la comparaison on va considérer qu’un euro est égal à un dollar, ce qui est à peu près vrai quand on cherche à comparer le cout de la vie.

En France, j’avais un forfait internet chez Free. Pour 30 euros par mois, j’avais 100 chaines de T.V, un magnétoscope numérique gratuit, un routeur avec un switch 4 ports et le Wifi MIMO, 20Mbits/sec de bande passante, le téléphone gratuit vers les fixes et des prix défiant toute concurrence sur les appels internationaux. Ok, Free est la meilleure offre française, mais même chez d’autres fournisseurs on a des packages qui s’approchent de cela. Au fait, pour ceux qui ne me connaissent pas, le net c’est mon métier.


Ici, pour 50 dollars, j’ai un modem ADSL avec une bande passante de 7Mbits/s maximum, qui plante assez régulièrement sans raison. Ce matin par exemple, la connexion est pourrie, allez savoir pourquoi. Pour avoir le WIFI, j’ai du acheter un module supplémentaire, pour 30 euros. Le modem est basique, avec un seul port Ethernet, ce qui me gène car je voudrais brancher un deuxième ordinateur dessus. On lui pardonne, il a un logo rétro-éclairé, c'est la classe. Mais ça sert à rien.

Si je voulais avoir un forfait qui s’approche de Free, il faudrait que je débourse une centaine de dollars par mois, et encore je ne pense pas que l’on puisse répliquer entièrement le package. Pas de moyen d’avoir un magnétoscope numérique gratuit par exemple.

Le téléphone mobile ? Même combat.

En France, pour 60 euros par mois, j’avais un forfait avec appels illimité soir et week-end, 3 heures en semaine, et surtout internet en 3G illimité. Ce qui voulait aussi dire que je pouvais me servir de mon téléphone comme un modem pour mon ordinateur portable. J’étais habitué à lire mes mails, voir à aller sur le net dans le métro sur mon téléphone (je vous conseille au passage l’excellent browser mobile Opera Mini, qui rend possible le fait de lire une page internet standard sur un écran de 170 pixels de large).

Ici, j’ai un peu regardé les forfaits standards, et en gros il faudrait compter 90 dollars pour répliquer à peu près le même genre de forfait.

En fait, j’ai l’impression, en terme d’offres mobiles et internet, d’être revenu plusieurs années en arrière. C’est vraiment bizarre quand on est au pays de la boite qui dirige l’internet mondial.

jeudi 27 août 2009

Petits trucs pour faire des économies

Si vous êtes sur le point de vous expatrier pour une période de temps conséquente, il est probable que l’argent soit un problème, au moins pendant quelques mois. Déménagement, visas, billets d’avions, valises, tout cela coute en effet fort cher et même si je ne vous le souhaite pas, il est probable que vous ayez à manger des patates pendant quelques temps.

Je me suis dis que j’allais donc vous donner quelques trucs pour s’en sortir pour pas grand-chose sans se priver, pour faire suite au post d’hier sur comment se procurer des livres.

Ameublement de votre nouvel appartement

Deux solutions pour acheter la base pour un prix ridicule : Wal-Mart ou Ikea. Je vous conseille Ikea, qui a régulièrement les prix les plus bas du marché malgré la réputation de Wal-Mart.

Pour acheter des meubles pas cher, il y a aussi évidement la solution craigslist et/ou ebay. Personnellement je trouve qu'il peut être plus amusant de trainer dans les quartiers universitaires au moment des changements de trimestre pour récupérer des meubles laissé par les étudiants qui déménagent. J’ai trouvé une TV, un micro-onde, un bureau, un miroir et un fauteuil en cuir de cette manière.


Courses

Nous sommes devenus des experts pour faire nos courses de la façon la plus économique possible. Je vous préviens, cela prend forcément plus de temps que de tout acheter d’un coup.

Première chose à savoir: les grosses enseignes de supermarché (Safeway et QFC entre autres) ont un système de carte de fidélité, avec des réductions sur les prix affichés. Il suffit de faire une carte en entrant dans le magasin (un formulaire à remplir) et de la scanner en passant en caisse. Sans faire attention, nous arrivons à des réductions d’une dizaine de dollars sur une facture de 60$.

Ensuite certains magasins sont moins chers pour certains types de produits, donc on décompose les achats: produits ménagers, viande, café et bière chez Safeway, riz acheté en gros chez Uwajimaya, fruits et légumes chez un marchand local.

Il faut aussi savoir que les Américains raffolent apparemment des coupons, bons de réductions et que les soldes ne sont pas régulés comment en France. Il faut donc ouvrir grand les yeux, il y a souvent des offres intéréssantes.

Téléphone

Vous allez surement avoir besoin d’un portable, mais vos besoins vont être drastiquement différents de la France, en tout cas dans un premier temps.

Un téléphone est essentiellement pratique pour être appelé : la solution la plus économique est donc de s’acheter une carte prépayée, chez AT&T par exemple.Pour passer vos appels, pas besoin de se ruiner, surtout que le téléphone est horriblement cher aux U.S : vous pouvez appeler n’ importe où grâce à Skype. J’ai pu appeler en France, sur un numéro de téléphone fixe, pour 2 cents la minute, soit dix fois moins cher que le tarif de ma carte prépayée. D’ailleurs, si vous avez un numéro fixe à appeler à l’étranger, Skype est vraiment imbattable, vous pouvez passer tous vos appels pour le prix d’un appel local.

Vêtements

Pour vous habiller pas cher, précipitez-vous dans le quartier universitaire (U-District à Seattle). Ce genre de quartier regorge de boutiques de vêtements de seconde main... Et l'on trouve des occasions absolument hallucinantes dans ce genre de boutiques. Dernièrement nous sommes repartis avec 3 robes dans un état neuf, pour une vingtaine de dollars.

C’est tout ce qui me passe par la tête en ce moment, si vous avez d’autres trucs je suis preneur.

mercredi 26 août 2009

Conseils pour un expat lecteur

Nous sommes tout les deux de gros lecteurs. Vous ne nous croirez peut-être pas, mais notre bibliothèque a été l’une des choses les plus difficiles à laisser en France.

Arrivé à Seattle, il a fallu que l’on trouve rapidement une source d’approvisionnement pour notre drogue préférée.

La plus évidente, c’est Barns & Nobles, la Fnac locale. Le problème, c’est que les bouquins ici sont cher (par rapport au niveau de vie, pas au cours de l’euro). 7$ en moyenne, cela fait rapidement beaucoup.

La deuxième solution c’est la bibliothèque. Gratuite, pratique de part ses multiples antennes et son système informatisé (on peut réserver et transférer des bouquins via internet) c’est clairement l’option de choix.

Enfin la troisième possibilité c’est les magasins de livres d’occasion. Il y a énormément de magasins de livres d’occasion (je suis un Seattleite récent et j’en connais au moins 5 à moins de 20 mins de chez moi). Le truc génial c’est qu’on peut acheter un livre, le revendre, en acheter un autre…


Bref il y a vraiment des options pour des expats désargentés pour lire à moindre frais, et on peut même trouver des trucs vraiment sympa, comme cette réédition du Gray’s Anatomy de 1901 pour le prix d’un roman de gare (merci encore d’ailleurs, j’adore).

Par pitié, si vous êtes des nouveaux lecteurs papivores, ne claquez pas tout votre argent à Barns & Nobles. Il ne faut aller là-bas que pour acheter une nouveauté. Pour le reste vous avez des dizaines d'options pour lire tout votre content dans vous ruiner.

lundi 24 août 2009

Balade en ferry

Introduction pour les mecs

Bon les gars, en gros les filles ça regarde une série qui s’appelle Grey’s Anatomy (ce qui est un peu bizarre déjà, vu que la nana est anorexique et qu’il n’y a pas grand-chose à en dire de son anatomie) et qui se passe à Seattle.

Elles vous donneront plein de bonne raisons pour regarder cette série, sauf la vraie: c’est à cause d’un bellâtre aux yeux de chien battu qui les fait toutes craquer. Au passage, si elles vous disent que c’est pour voir la ville ou habitent Loïc et Celia, c’est retord mais je ne peux que les applaudir de tant d'esprit.

Le rapport avec ce post ? Ce mec prend le ferry tout les matins, parce qu’il aime la nature, la mer et tout ça, que le vent dans ses cheveux, ça les fait toutes tomber, et parce qu’il faut bien faire des plans extérieurs à Seattle vu que la série est censé se passer là-bas.

Introduction pour les filles

Les filles, faut que je vous raconte. Ce week-end, on est parti en pèlerinage : on a pris le ferry du docteur Mamours !!!!! Celui qui traverse le Puget Sound et qui va de Pionneer Square à Bainbridge Island, juste en face de la ville. J’étais tellement ému qu’à un moment j’ai même cru le voir sur le pont du ferry! Par contre, j’étais outré, ils devraient renommer le bateau « Derek » non ?

Hum je m'emporte

Remarquez le remplissage, vu que l’intérêt de ce post c’est essentiellement les photos qui sont sur la page Facebook (je ne peux que vous encourager à aller voir et à devenir fan, d’ailleurs).


Quelques explications sur le système de ferry de Seattle quand même? Ok, c'est parti.

Vous avez pu remarquer que Seattle est situé près d’un bras de mer. Toute la région est constituée d’amas d’îles et de presqu’îles dont Seattle n’est qu’une partie.

Certaines de ces iles, Bainbridge et Bremerton entre autres, sont un peu comme les banlieues riches de Seattle et il y a donc un service de ferry qui fait l’aller et retour en permanence. C’est tellement rentré dans les mœurs que l’on peut prendre le ferry avec un pass pour le bus, et il y a des gens qui vivent sur ces iles et se tapent une demi-heure de ferry tout les matins. Franchement, je les comprends. Si j’avais les sous pour, j’irais bien habiter sur une ile en bord de plage ;).

Comme la traversée prend une petite demi-heure (un peu moins en fait), il y a deux ferries qui font la navette et donc un voyage toutes les demi-heures. Le système est ultra-rodé, et les bateaux sont particuliers: ils sont totalement symétriques. Ils peuvent avancer indifféremment des deux cotés ce qui fait qu’ils n’y a pas de perte de temps à faire des manœuvres. Un peu comme un funiculaire en fait.

Je vous conseille vivement si vous faites du tourisme à Seattle de prendre quelques heures pour aller à Bainbridge: comptez une heure de traversée aller-retour, une ou deux heures sur place pour se balader sur l’île et vous m’en donnerez des nouvelles.

Pour 6$70, c’est à la fois l’excursion la moins chère que vous pourrez faire, et celle qui vous en mettra le plus pleins les yeux.

dimanche 23 août 2009

Boite automatique

Hier j’ai conduit pour la première fois avec une boite automatique (merci encore à I. pour la balade).

Au début c’est dur quand même. On a tellement de réflexes imprimés que l’on est parasité par pleins de gestes, comme appuyer rétrograder pour freiner au feu rouge. En situation « stressante » c’est encore plus dur, on réagit purement sur les réflexes et c’est très désagréable d'essayer de débrayer et de se rendre compte qu'il n'y a pas de pédale.

J’avoue en revanche que c’est amusant l’automatique. La voiture démarre en côte sans soucis, et en ville c’est relativement reposant. Il y a un petit coté magique à tant de facilité.

Pourtant, dans l’ensemble, je ne suis quand pas fan. En gros, c’est la voiture qui décide et ce n’est pas ma tasse de thé. Sur l’autoroute, les rapports changent tout seul alors qu’on va à vitesse constante pour s’adapter aux cotes… Franchement je n’aime pas sentir la voiture faire des trucs que je n’ai pas demandé. Une boite manuelle permet de faire exactement ce que l’on veut, d’avoir exactement la puissance que l’on désire dans une situation donnée. Je trouve que l’on a un contrôle bien plus fin et total de la voiture.



Le truc c’est que les américains sont habitués à une conduite assez détendue et l’automatique s’adapte particulièrement bien à ce style de conduite. A Seattle on ne se fera jamais engueuler parce qu’on s’arrête pour laisser plus de place à quelqu’un pour passer, alors qu’à Paris dans la même situation on se ferait klaxonner, voir insulter. C’est à la fois agréable et moins stressant et parfois paradoxalement énervant: on a l’impression que tout le monde est à la masse et cela peut faire grincer des dents.

Ceux qui me connaissent savent que je suis plutôt détendu au volant, pour ne pas dire mou. Mais là j’ai un peu eu l’impression d’être un psychopathe, passé les premières minutes d’apprivoisement de la boite automatique.

Bon j’ai conscience que c’est le parisien en moi qui parle là : les américains ont une mortalité moindre au volant, on ne peut que prendre exemple sur eux. Il n’y a pas de bonnes excuses pour l’agressivité automobile dont nous sommes coutumiers, et d’ailleurs je pense que cela nous fera un choc en rentrant de rouler dans Paris comparé aux routes calmes de Seattle.

Bon bref pour résumer, comme d’habitude il y a du bon et du mauvais… J'apprécie le coté fun de l'automatique, et la conduite posée et polie des Seattleite, mais je trouve que l’on perd le plaisir de la conduite et une certaine maitrise du véhicule.

vendredi 21 août 2009

Permis de conduire, 3

Le permis américain est assez similaire au permis français: il faut passer le code et un test de conduite.

J'en entends déjà ricaner au fond. Le code, c'est pas si facile, surtout dans un pays étranger. Je suis capable de répondre sans me gourer à la plupart des questions concernant la conduite, mais il y a quand même des subtilités à connaitre comme par exemple le fait que l'on peut tourner à droite au feu rouge. Et puis il y a les questions piège, du genre:
  • Quel est le montant minimum d'assurance à prévoir pour le cas d'un accident avec deux décès?
  • Quelle est la durée minimale de suspension de permis pour alcoolémie au volant?
  • Quel est le montant de l'amende quand on se gare sur une place handicapé?
But du jeu de l'épreuve: avoir 20 bonnes réponses sur 25.

Pas si évident donc: mieux vaut bosser un peu quand même avant l'épreuve, même si l'on conduit depuis longtemps: une question "légale" de trop et c'est la plantade. Et puis chaque échec coutant 20 dollars et plusieurs heures d'attentes, mieux vaut réussir du premier coup.

Bref, ou en étais-je.

Ah oui: précédemment dans les carnets des expats à Seattle; je vous racontais que je me suis fait virer parce que les pièces que j'avais avec moi n'étaient pas valide (et ce en dépit du fait qu'ils sont sur la liste du site web: je suis pas complètement débile non plus, les démarches pour faire un visa ça vaccine à ce niveau).

Problème: une fois revenu dans mes pénates, je me rend compte que le seul document "valide" que j'ai est une facture internet qui date de 66 jours. Or, le document doit dater de moins de 60 jours. Fuck. Je maudis copieusement Internet, les écologistes anti-factures, le service public et décide que je suis un rebelle et que j'y vais quand même.

A ce sujet petit conseil pour les futurs expats: dans un premier temps, gardez les factures papiers plutôt que de passer en électronique. Vous aurez besoin de justificatifs à un moment ou à un autre, mieux vaut commencer dès le début à vous construire une "histoire bureaucratique".

Coup de bol, je me rends compte que sur le site du D.O.L (Departement Of Licencing), on a les temps d'attentes dans les différentes agences de Seattle. Ce qui me permet de me rendre aussi compte que celui que j'ai choisi jeudi a deux heures de queue en moyenne, pour 30 minutes dans un autre situé à Kirkland.

Cool, je me ferais jeter deux fois plus vite.




Bref, me voilà parti vers Kirkland. Au passage je prends cette petite vidéo sur le pont qui enjambe le lac Washington, parce que je pense à vous tout de même (je suis conscient qu'elle n'a aucun intérêt, c'est l'intention qui compte), et je suis reparti pour une bonne séance de glande au D.O.L.

Coup de bol, je tombe sur un monsieur très gentil qui me prend mon papier sans moufter. Petite suée quand même, je me la suis joué psychologique en amenant un classeur avec 200 papiers officiels dedans histoire de faire passer le message que je suis prêt à lui faire perdre un max de temps s'il me les brise.

On me fait passer un test de vision, ou j'apprends que je peux conduire sans lunettes, contrairement à la France. Ça c'est plutôt une bonne nouvelle, et c'est pas comme si j'étais pas au courant d'ailleurs. Au moins maintenant je suis "légal".

On me fait assoir devant un ordi pour faire mon test et la petit coup de stress malgré tout: a coté de moi il y a un garçon d'une quinzaine d'année qui est aussi en train de passer le test. Ça me met la pression, j'aurais un peu la honte de me planter à coté d'un gamin.

Les questions passent, vite fait bien fait, j'arrive à la 20eme sans avoir fait de faute. Et là le test s'arrête!

Remboursez!

J'ai un moment de haine profonde. J'en ai chié façon 12 travaux d'Astérix pour arriver jusque là, je me suis tapé tout le bouquin du code pour me faire voler de 5 questions et même pas pouvoir voir si je peux pas faire 25/25? J'ai moins de bonnes réponses que quelqu'un qui fait 4 fautes?

La rage.

Je retourne donc voir le monsieur pour prendre rendez-vous pour mon test de conduite. Je me tape même le luxe de griller la queue, avec l'arrogance des gens qui étaient morts de trouille de foirer. Hey, mon code je l'ai eu, moi. Faut pas me faire chier.

Prochain rendez-vous: le 11 septembre. Ça s'invente pas.


Permis de conduire, 2

Allez il fallait un truc pour faire grande saga de l'été!

Je sens que le permis, c'est bien parti pour remplir ce rôle.

Alors déjà c'est à perpette de chez moi, mais ça c'est pas encore le drame: on va dire que ça me fait visiter la ville. Bon, visiter le fin fond banlieusard de Seattle, on peut se demander l'intérêt mais on va pas faire la fine bouche, je m'autoproclame reporter, et un reporter ça va au bout du monde.

Enfin le truc chiant c'est quand même l'heure de bus pour y aller. Parce que le bus c'est quand même parfois la cour des miracles, faut le savoir, surtout quand on sort du centre. Donc bref, une heure de bus à coté d'une fille qui à l'air à peu près normale mais qui marmonne tout du long, déjà ça énerve.

Arrivé sur place, on se croirait en France. Salle d'attente énorme, 10 guichets, 3 d'ouverts. Chouette. Si je calcule bien, cela veut dire que quelque soit le temps que je passe ici, il aurait pu être divisé par trois.


C'est pas grave, me dis-je avec l'optimisme qui me caractérise! Je vais réviser mon code et roupiller un peu au passage, je suis un professionnel quand il s'agit de ne rien faire utilement.

Un peu trop optimiste par moment le garçon.

En deux heures, j'ai eu le droit à tout. Famille de 15 Portoricains qui vient apparemment célébrer un mariage d'après le volume sonore qu'ils dégagent, jeune femme qui vient avec son bébé de 10 mois qui évidement se met à hurler à la mort, vieux monsieur de 75 ans qui tient absolument à me raconter sa vie, sauf que comme il lui manque des dents, j'ai un peu du mal à tout capter.... Le plus fort c'est le gus qui sort de la salle d'examen en brandissant son permis devant tout le monde en criant "Je l'ai eu!"... Et les gens applaudissent! Perso à ce stade, j'aurais bien sorti la machette, mais bon.

Bref, mon tour arrive. L'avantage, c'est que c'est un peu noël en avance. La délivrance.

Je déchante un peu en arrivant au guichet. On dirait un employé de la Poste, en presque pire. Ce mec sait qu'il a le pouvoir sur moi, que je ne peut rien faire et qu'à cet instant précis il tient mon destin dans ses mains velues.

Et le cauchemar empire. Il me manque un document qui prouve que je suis résident de l'état de Washington. Le formulaire DS-2019 qui était indiqué sur le site web n'est apparemment plus une pièce valide, brochure à l'appui.

Parlons-en de la brochure: il y a écrit en gros dessus: la liste des pièces admises peut changer sans notification préalable. Je vous traduis: "Vous l'avez dans l'os bande de nazes, c'est moi qui décide le document que j'accepte ou pas et si t'es pas content c'est pareil". Ou en plus court et à l'américaine: "Fuck Off".

Je lui sors tout: copie de mon bail. Chèque à mon nom et adresse. Je lui explique que dans un monde online, je n'ai pas de facture récente, je me soucie des arbres.

Rien n'y fait.

Je repars la queue entre les jambes, sous le regard attendri d'une dame qui a suivi l'échange.
"I'm not surprised" qu'elle me dit. "It's a State Agency. It sucks.".

Normalement j'aurais essayé de défendre le service public. Mais là, franchement j'ai pas envie.

Allez, après m'être bien défoulé... Je finis mon café et j'y retourne.

mercredi 19 août 2009

Permis de conduire

Aujourd'hui, ou plutôt demain, mais pour vous aujourd'hui c'est déjà demain pour moi, ou l'inverse peut-être, enfin bref, bientôt quoi, je vais passer la première partie de mon permis de conduire: le test de connaissances.

J'ai trop hâte.

Rigolez pas, c'est chiant. Obligé d'apprendre par cœur le montant de diverses amendes, entre autres choses, c'est loin d'être évident, et je suis moyennement confiant.

Et puis ici le code, c'est comme en France. Parfois, on comprend pas les questions, genre "Mais qu'est ce qu'ils nous veulent là".

Beurk.

Wai, je râle. J'aime pas les exams.

D'ailleurs, attendez-vous à me voir raler quand j'aurais à passer la conduite, déjà faut que je me dégote une voiture à transmission manuelle, sinon ça va me faire péter un cable les voitures façon jeux vidéos. Suis même pas sur de pouvoir conduire une automatique.

Pfff....

On peut sauter de quelques jours dans le futur?

Seattle Hempfest 2009

Il y a un truc qui m’énerve franchement chez les Américains : leur Américano-centrisme qui transpire un peu partout, à la T.V, au cinéma. Allez un petit exemple pour rigoler : dans le film Transformers 2 (oui, j’ai été voir ça), l’armée Américaine traite avec des robots extra-terrestres en leur disant en gros « Nous (les U.S) devons évaluer si nous vous donnons le droit de vivre sur cette planète ». C’était vraiment risible.

Une des marottes des Américains justement, c’est le fait qu’ils sont le pays le plus libre du monde. Quand on entend des personnalités politiques parler à la T.V, on a même parfois l’impression à les entendre que c’est la seule démocratie du monde.

De l’extérieur on a parfois envie de rigoler : le système de santé et la protection sociale sont tellement dysfonctionnels que l’on est surtout libre de crever comme des chiens. Et puis quand on est le pays du Maccarthysme et de Guantanamo, il faut vraiment être gonflé pour répéter à qui veut l’entendre que l’on est LE pays de la liberté.

Pourtant, j’ai changé d’avis ce week-end, sur un certain nombre de points d’ailleurs, la démocratie n’étant pas le seul mais étant le thème d’aujourd’hui.

Pourquoi ?

Parce que ce week-end avait lieu le plus gros festival ayant pour thème le « Chanvre » des États-Unis, voir du monde, le Seattle Hempfest 2009.



« Hemp » comme chanvre donc, mais ne nous trompons pas, il était essentiellement question de légalisation, de promotion de l’usage médical du cannabis, et un peu d’usage industriel du chanvre pour les vêtements. Hempfest est d’ailleurs de son propre aveu plus un « Protestival » (Protest + Festival) qu’un Festival.

Dans un pays où comme j’ai pu vous le montrer à plusieurs reprises on suit en général les règles et on est respectueux des lois, ce festival était vraiment un truc démentiel à voir que vous soyez pour ou contre la légalisation du cannabis.



Car mon but n’est pas de parler de légalisation, du moins pas aujourd’hui car ce festival m’a quand même donné matière à réflexion dans ce domaine. Non le but ici est vraiment de souligner l’exceptionnelle démonstration de démocratie que constitue ce festival.

Rendez-vous compte : plus de 500 000 visiteurs sur le week-end. Des gens qui fument de la weed partout ou se porte le regard. Pas de contrôle d’identité à l’entrée. Aucun débordement du à la foule. Et surtout, surtout, une attitude exemplaire des autorités.

Car la police était présente et patrouillait le festival ! Mais on ne peut que saluer leur volonté de mettre d’abord en avant la sécurité des gens que l’application bête et méchante des lois anti-drogue.

Le festival n’était pas qu’une espèce de manifestation et une espèce de zone franche le temps d’un week-end. Hempfest est avant tout un évènement politique, et il y avait donc des zones avec des conférences, des scènes avec des invités faisant des discours, et bien sur des concerts.


J’ai vraiment halluciné pendant un après-midi entier (et non, je n’ai rien fumé, même pas des clopes alors...). Honnêtement, je ne crois pas que ce genre de festival soit possible en France. En tout cas pas sous l’administration actuelle. Pourtant, c’est le principe même de la démocratie qui est démontré ici. La possibilité de la Rue de montrer à des politiciens qui n’ont pas forcément la même réalité qu’Elle comment Elle désire pouvoir mener sa vie.

Si vous voulez vous rendre compte de l’ampleur de l’évènement, filez sur le site Seattle Hempfest 2009, ou regardez les photos sur notre page Facebook (d'ici demain).

Kudos America. You rock.



mardi 18 août 2009

Plus fort que le brunch

Allez, aujourd'hui encore on va apprendre un mot.

Vous connaissez surement tous l'origine du mot "brunch", mais juste au cas où, petit cours de vocabulaire.

Brunch est une contraction de "breakfast" et de "lunch" et décrit donc ce repas typique du dimanche matin, qui remplace ces deux repas.

Figurez-vous que nous avons trouvé la prochaine évolution de cette "tradition" qui nous vient des pays anglo-saxons : le bLunch.


Le bLunch, comme l’explique ce panneau, est la combinaison d’un « breakfast » et d’un « brunch ». Il fallait quand même oser je trouve !

Faisons un peu d’arithmétique culinaire. Si X est notre bLunch, b est un breakfast, B un brunch, et L un lunch alors on a :
B = ( b + L ) / 2

Et
X = (( b + L )/2 + L) -> X = 3/2 L + b/2

Donc un bLunch est un déjeuner et demi plus un demi petit-déjeuner, ou encore, selon l’arithmétique toute particulière de ma femme, « 3 saucisses pour un croissant ».

Sachant que je mange deux croissants, cela fait donc six saucisses. Yuck.

Bon bref, je ne sais pas dans quel cerveau embrumé par l’huile de friture cette idée est née, mais il faudrait quand même un jour que les gens se rendent compte que les êtres humains ne sont pas faits pour manger autant.

Oh, oui, il faut que je vous raconte cela, histoire de finir sur une note plus sérieuse. Nous avons assisté à une conférence d’un chercheur en génétique, étudiant les mécanismes génétiques de l’obésité.

Ce monsieur a terminé sa présentation en expliquant clairement quelque chose de très intéressant : l’être humain a évolué dans un milieu pauvre en nourriture, où il fallait chasser pour manger, et pour manger peu en général.

Du coup, tous nos mécanismes de régulation du poids sont prévus pour faire face à une absence de nourriture, et une surabondance de nourriture dérègle donc complètement notre organisme, qui n’a que peu de systèmes de régulation pour ce cas exceptionnel dans l’histoire de notre évolution.

La surabondance de nourriture (dans les pays riches) est en effet récente … Une cinquantaine d’années au maximum, une seconde dans l’histoire de l’homme. Et en temps qu’espèce, nous ne sommes pas adaptés.

A méditer.

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